| Après avoir hésité
au lendemain de la défaite 5-0 contre Bordeaux, Raynald Denoueix a choisi
la voie du compromis en composant l'équipe chargée d'affronter Auxerre
au stade de l'Abbé Deschamps. Alors que la défaite à la Beaujoire
était en grande partie imputable au manque de rigueur défensif,
il n'a changé qu'un joueur dans ce compartiment du jeu : en baisse de forme
depuis la venue de l'Olympique de Marseille, Mario Silva a laissé sa place
à Sylvain Armand qui fête là sa première titularisation
en D1. Que de chemin rapidement parcouru depuis la Nationale 1 où le jeune
latéral gauche évoluait l'an passé. Devant, en revanche,
le coach a opté pour la rotation des attaquants. Exit la paire composée
de Frédéric da Rocha (sur le banc) et d'Olivier Monterrubio (non
retenu dans le groupe) au profit d'un duo inédit formé d'Hassan
Ahamada et de Viorel Moldovan. Avant le match, la mission des onze titulaires
était simple : " Ne pas prendre de but et marquer ", ainsi que
l'expliquait l'entraîneur nantais. Une profession de foi qui avait valeur
de méthode Coué tant l'AJ Auxerre réussit peu au FCNA : en
vingt ans, celui-ci ne s'est imposé qu'à trois reprises en Bourgogne
et les deux dernières confrontations à l'extérieur s'étaient
soldées par un résultat nul. Adepte d'un marquage individuel qui
s'oppose au mouvement perpétuel prôné par les Canaris et disposant
d'une charnière défensive solide où évolue le libero
Philippe Mexès, récent champion d'Europe des moins de 18 ans en
compagnie d'Hassan Ahamada, la formation de Daniel Rolland -le successeur de Guy
Roux- restait sur deux succès à domicile
et un revers à
Lens (1-0) lors de la 6e journée. Tandis que les Canaris pouvaient compter
sur l'impact psychologique positif de leurs déplacements réussis
à Monaco, Guingamp et Toulouse ainsi que sur leur orgueil de compétiteurs
suite à la " gifle " girondine. Bref, une opposition de style
à tous les niveaux entre le 6e et le 9e du classement doublée d'une
obligation mutuelle de l'emporter afin de relancer la machine. Nestor
Fabbri trompe Cool avant la pause Devant des tribunes clairsemées
et sous le regard des Originals Fans, présents lors de tous les déplacements,
les Nantais mettent une dizaine de minutes à se mettre en route. Une période
durant laquelle les alertes les plus chaudes pour Mickaël Landreau viennent
de Pierre Deblock servi d'abord par Faye (7e) puis Kapo, le gardien du FCNA étant
sauvé sur sa ligne par Sylvain Armand (11e) et de Stéphane Guivarch
qui perd deux duels face au portier des Jaune et Vert (13e et 14e) dont un lob
sorti de la pointe du gant droit. Les Canaris peinent à se relancer, perdent
des ballons au milieu de terrain mais ils tiennent bon ! Serré de près
par Boumsong -tandis que Nestor Fabbri se charge de Stéphane Guivarch-,
Viorel Moldovan n'en demeure pas moins à l'affût, en vrai chasseur
des surfaces. Et Fabien Cool manque de l'apprendre à ses dépens
: sur un centre de Salomon Olembe, intenable sur son aile gauche, le Roumain place
une tête au second poteau qui rase le montant (18e). Cool était battu
Si le rapport de force s'inverse en faveur des Canaris, les occasions ne sont
pas encore franches à l'image d'un centre-tir d'Hassan Ahamada à
la lutte avec Philippe Mexès (33e) ou d'une frappe non cadrée du
même Ahamada à l'entrée des 18 mètres sur une remise
de Viorel Moldovan (40e). Finalement, c'est sur coup de pied arrêté
que la solution intervient. Un corner à gauche, une déviation de
Nicolas Laspalles et Nestor Fabbri qui s'élève au second poteau
pour placer le ballon au fond des filets. Voilà qui ressemble au scénario
vécu à Guingamp
Comisetti ramène
Auxerre dans le match
Au sortir des vestiaires, le
challenge respectif des deux équipes est simple : revenir au score au risque
de s'exposer à des contres adverses pour Auxerre ; tenir le résultat
voire l'aggraver pour Nantes en d'excellentes dispositions par rapport à
sa précédente prestation. " Nous avions eu la chance et le
bonheur de marquer. Il nous fallait garder cet avantage, explique Nicolas Savinaud,
auteur d'une partie en demi-teinte. Le coach nous avait demandé de continuer
à développer notre jeu car c'est notre force. " Une force qui
s'exerce surtout à l'extérieur et qui se concrétise dès
la reprise par un pressing des Canaris sur les Bourguignons. Les hommes de Raynald
Denoueix ont repris confiance et ils s'autorisent même à se sortir
d'un mauvais pas à une touche de balle sur une relance hasardeuse de Nicolas
Laspalles (48e). Bien en place, ils contrôlent des Auxerrois imprécis
et les espaces se créent. Sur un mouvement initié par l'omniprésent
Mathieu Berson, autant animateur que défenseur en cas d'urgence, le ballon
parvient à Stéphane Ziani qui transmet à Viorel Moldovan.
D'un crochet, celui-ci élimine Philippe Mexès et il fusille Fabien
Cool d'une frappe imparable (54e). A 2-0, on commence à y croire. Une
nouvelle fois, le coaching va décider en partie du sort de la rencontre.
Quand Raynald Denoueix remplace Hassan Ahamada par Nicolas Gillet, Daniel Rolland
lance Cissé et Comisetti dans la bataille. Un choix heureux puisque l'international
suisse sera le sauveteur providentiel. Alors que les Canaris ont toutes les cartes
en mains pour " tuer " le match, ils retombent dans leurs travers habituels.
Par manque de réalisme au moment du dernier geste, ils finissent par redonner
le moral à leurs adversaires. Ceux-ci n'en demandent pas tant et le feu
commence à couver dans la surface d'un Mickaël Landreau pourtant au
mieux de sa forme. Les dix dernières minutes sont celles du sursaut auxerrois.
Lancé le long de la ligne, Cissé s'échappe et prend Sylvain
Armand de vitesse. Au second poteau, il alerte Comisetti qui bat Mickaël
Landreau (79e). Trois minutes plus tard, l'infatigable Fadiga prend à son
tour la clé des champs. S'en suit un cafouillage dans la défense
nantaise et Comisetti en profite pour armer une frappe puissante qui prend le
chemin des filets à travers une forêt de jambes (82e). "
Ne pas prendre de but et marquer ". Le leitmotiv de Raynald Denoueix n'a
pas été complètement suivi d'effets. Avec une différence
négative (-2), la défense du FCNA figure parmi les mauvais élèves
du championnat de France. Dommage car contre Auxerre il y avait un coup à
jouer et une opportunité de se replacer au classement. Désormais
7e (à égalité de points avec Metz et Troyes), les Canaris
ont quatre jours pour préparer leur tour aller de Coupe de l'UEFA. Ensuite,
ils recevront au stade de la Beaujoire-Louis Fonteneau des Lyonnais qui ont écrasé
Lens 3-0. Et le mois de septembre ne sera pas fini ! Pierre
Minier Réaction Raynald Denoueix, entraîneur
du FCNA : " Nous avons pris une claque à domicile contre Bordeaux.
Se faire ainsi remonter au score, cela fait presque aussi mal au moral. Nous voulions
garder le bénéfice de la victoire pour nous remettre dans le droit
chemin. Il a manqué un but pour y parvenir. L'histoire de la rencontre
a fait qu'au final, cela s'est mal enclenché. En 7 journées de championnat,
nous avons connu toutes les situations, de la victoire à Monaco à
la défaite salée contre Bordeaux en passant par ce résultat.
" Le prochain match
de championnat : FCNA-Lyon, le dimanche 17 septembre à 18h30 au stade
de la Beaujoire-Louis Fonteneau.
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