|
Première victoire de la saison à domicile, premier but d'Hassan Ahamada en D1... et trois points supplémentaires dans son escarcelle, le FCNA a conclu en beauté une semaine exceptionnelle. Victorieux à Sochaux (1-0), samedi dernier, et contre la Lazio de Rome (1-0), trois jours plus tard, les Canaris ont remporté un nouveau succès qui confirme leurs meilleures dispositions actuelles. Durant une heure, ils ont dominé Monaco sans partage, marquant par Ziani (20e) et Ahamada (30e). Ils ont ensuite commencé à décliner physiquement, s'inclinant sur une action de Nonda (74e). Mais ils ont tenu sans rompre, au prix d'une grande solidarité.
Nantes, le 3 novembre 2001. Sous un soleil déclinant annonciateur des premiers frimas hivernaux, Nantes ouvrait la 13e journée de championnat. Pour l'occasion, Didier Deschamps fêtait ses retrouvailles avec la Beaujoire. Un stade qu'il avait quitté joueur et qu'il retrouvait dans la peau d'un entraîneur. Opposés à Monaco, dixième du classement provisoire, la mission des Canaris était encore d'une simplicité élémentaire : gagner pour poursuivre en beauté la série d'invincibilité entamée contre Auxerre (2-2). Pratiquant un turn-over modéré, le coach du FCNA proposait une organisation s'inspirant de celle alignée face à la Lazio de Rome. Il y apportait néanmoins une touche plus offensive avec une défense qui passait de cinq à quatre voire à trois éléments (Armand évoluant très haut quasiment en position de milieu, Gillet, Fabbri, Laspalles).
A la récupération, Eric Djemba et Salomon Olembe se voyaient confiance renouvelée alors que Mathieu Berson, de retour de blessure, était remplaçant. Stéphane Ziani conservait son rôle d'électron libre. En maître du jeu, il allait multiplier les appels et fournir en ballons Frédéric Da Rocha, Pierre-Yves André et Hassan Ahamada. Privée notamment de Ludovic Giuly, Marcello Gallardo et Pierre-Fanfan, la formation de la Principauté adoptait la composition attendue en 4-4-2 avec Eric Cubilier, Julien Rodriguez - il remplaçait Cyril Domoraud juste avant le coup d'envoi -, Alex Nyarko et Gael Givet devant le gardien Flavio Roma. Au milieu, on trouvait Moussa Saïb, Djibril Sidibe, Vladimir Jugovic et Cyril Rool. En attaque, Oliver Bierhoff et Shabani Nonda avaient pour mission de défier Mickaël Landreau.
Premier but en D1 d'Hassan Ahamada
Etait-ce un signe de confiance... Toujours est-il que le FCNA, certainement plus à l'aise depuis le succès acquis à Sochaux et sa récente qualification pour le deuxième tour de la Ligue des Champions, prenait son temps. Une tactique différente de celle affichée, voici quinze jours, où il avait tenté de prendre Auxerre à la gorge... Il fallait attendre une dizaine de minutes pour voir la partie se décanter. C'était d'abord Salomon Olembe qui se lançait dans un raid en solitaire. Il centrait pour Pierre-Yves André : Flavio Roma écartait le danger d'un plongeon opportun (12e). Sans monopoliser le cuir, les Jaunes contrôlaient une rencontre à l'intensité moyenne. Stéphane Ziani se chargeait d'allumer le feu ! D'un lob somptueux, tout en toucher, il trompait Flavio Roma totalement surpris... à l'instar du public : 1-0 (20e).
Sur un corner, côté droit, le n°29 trouvait ensuite Hassan Ahamada dont la tête décroisée prenait le chemin des filets : 2-0 (30e). Le jeune international exultait. Normal, il venait d'inscrire son premier but en D1 après 37 matches disputés au plus haut niveau. A domicile, le FCNA n'avait jamais ouvert le score, il n'avait jamais mené avec deux longueurs d'avance... en une demi-heure, c'était chose faite ! Et il manquait quelques centimètres pour qu'il se donnât une marge supplémentaire. Quand, parti de son camp, Stéphane Ziani servait à nouveau Hassan Ahamada, les supporters retenaient leur souffle. Mais la tête du n°17 heurtait le poteau. Dommage car Flavio Roma était battu. Côté ASM, le bilan était rapide : une tentative d'Olivier Bierhoff sortie par Mickaël Landreau (4e) et un tir non cadré de Shabani Nonda (34e).
Nantes plie mais ne rompt pas
A la reprise, Didier Deschamps changeait Djibril Sidibe pour Lucas Bernardi et Moussa Saïb pour Wagneau Eloi (46e). Soit un attaquant supplémentaire pour les Rouges et Blancs qui accentuaient logiquement leur pressing sans être vraiment percutants. Il est vrai que les Canaris étaient repassés à quatre en défense avec le recul de Sylvain Armand. Nantes continuait à se procurer des actions telles une talonnade de Pierre-Yves André sur le petit filet (55e) et une frappe du Breton au-dessus de la transversale (61e). A la 65e minute, Raynald Denoueix modifiait son schéma : il substituait Charles Devineau à Pierre-Yves André, densifiant ainsi son milieu.
A peine entré, Dado Prso - il avait succédé à Olivier Bierhoff (70e) - était sur le point de réduire l'écart. Dans la zone de vérité, il éliminait Mickaël Landreau et il visait la cage vide. Sur sa ligne, Nicolas Gillet sauvait les siens (71e). Le répit était de courte durée. Sur une longue et énième balle en profondeur, Shabani Nonda était plus prompt que Nestor Fabbri au point de penalty. En pivot, il fusillait le capitaine des champions de France : 2-1 (74e). Le Congolais manquait de récidiver sur le même type d'ouverture. Heureusement, Mickaël Landreau dégageait au pied hors de sa surface (76e). Il restait un quart d'heure à tenir. Monaco poussait pour arracher l'égalisation. Le FCNA accusait le coup physiquement. La victoire s'obtiendrait dans la douleur. Surtout à droite où Wagneau Eloi se montrait dévastateur. Au bout des trois minutes additionnelles - une éternité... -, Mr Bonnin délivraient les vingt-deux acteurs. Nantes s'imposait enfin sur sa pelouse et prenait trois points supplémentaires. Voilà de quoi assurer le moral du groupe à l'approche de la mini-trêve.
P.M.
|