Stade Rennais-FCNA : 2-0 (0-0)

Le FCNA s'est incliné 2-0 à Rennes au terme d'une partie assez équilibrée malgré le score. Les deux équipes ont beaucoup attaqué. Les Jaunes ont manqué plusieurs occasions décisives tandis que les Rennais ont montré plus de réalisme offensif. Un penalty transformé par Olivier Monterrubio (51e) et une frappe imparable d'Anthony Reveillères (75e) ont permis aux Rouges et Noirs de s'adjuger le bénéfice de ce derby breton. Ce résultat permet aux hommes de Christian Gourcuff de respirer au classement. A l'inverse, Nantes reste condamné à la dernière place. Lundi 19 novembre, les Canaris s'envoleront pour Porto où ils rencontreront Boavista FC, mardi 20, en Ligue des Champions.

Frédéric Da Rocha

Le 17 novembre 2001. Dans un stade de la route de Lorient plein à craquer, ce derby breton - version 2001 - marquait les retrouvailles entre Olivier Monterrubio et ses anciens coéquipiers. Au-delà du contexte affectif, cette rencontre s'avérait surtout capitale pour deux équipes en mal de points au classement provisoire du championnat. Sur le papier, les Nantais partaient avec l'avantage psychologique des trois succès acquis l'an passé aux dépens de leurs rivaux d'un soir. Ils pouvaient également s'appuyer sur leurs récentes victoires en D1 à Sochaux (1-0) et contre Monaco (2-1) à la Beaujoire. Sur le plan tactique, au 4-4-2 choisi par Christian Gourcuff, Raynald Denoueix opposait un schéma en 4-5-1 désormais éprouvé, notamment à Rome. La défense était des plus classiques avec l'association de Nicolas Laspalles, Nicolas Gillet, Nestor Fabbri et Sylvain Armand. A la récupération, on trouvait Eric Djemba et Nicolas Savinaud. Très sollicité en Espoirs, mercredi soir à Brest, Mathieu Berson était sur le banc. L'animation était confiée à Olivier Quint, Stéphane Ziani et Frédéric Da Rocha. Hassan Ahamada évoluait seul en pointe.
Au regard de la personnalité des deux entraîneurs et de leurs principes, la partie s'annonçait sous le signe du beau football. L'entame ne démentait pas ces espérances. Rapide circulation de balle, enchaînements d'action d'un côté et de l'autre... les vingt-deux acteurs bravaient le froid en multipliant les courses. Olivier Monterrubio était le premier à allumer la mèche. Sur le flanc droit, à la réception d'une longue diagonale adressée par Grégory Paisley, il entrait dans la surface adverse et frappait du gauche, contraignant Mickaël Landreau à se coucher (9e). Après un service dangereux d'Olivier Quint (12e), Stéphane Ziani alertait Hassan Ahamada en pleine course. Eric Durand jaillissait et il brûlait la politesse au n°17 du FCNA (13e).

Le coup de grâce d'Anthony Reveillères

Frédéric Da Rocha

Alors que Nantes semblait imprimer le rythme, Christophe Leroux reprenait de volée aux six mètres un centre dévié. D'une parade exceptionnelle, Mickaël Landreau détournait le cuir (20e). Sur une nouvelle incursion des Rouges et Noirs, Nestor Fabbri taclait Philippe Delahaye dans la zone de vérité... Mr Lhermitte ne sifflait pas penalty (25e). Deux minutes plus tard, les Canaris ratait le break quand un tir de Stéphane Ziani - consécutif à une tentative préalable d'Hassan Ahamada repoussée par Eric Durand - frôlait le montant droit d'une cage pourtant vide (27e). Une demi-heure s'était écoulée et les Jaunes éprouvaient quelques difficultés à sortir même si les débats restaient équilibrés avec toujours un va et vient incessant entre les deux camps. Le sort n'avait pas encore décidé. Sur une passe d'Hassan Ahamada, Stéphane Ziani marquait ainsi de la tête... but refusé pour un hors-jeu de position (35e). 0-0 à la pause : le résultat ne reflétait pas les quarante-cinq minutes vives et animées d'un spectacle de qualité.
Aucun changement n'intervenait à la reprise. La seconde période prenait une tournure comparable à la précédente : Rennes pressait tandis que Nantes attendait les opportunités pour lancer des contres. Le scénario basculait sur une incursion d'Anthony Reveillères, heurté par Olivier Quint dans la surface. Cette fois, Mr Lhermitte indiquait le point de penalty. Olivier Monterrubio transformait la sanction : 1-0 (51e). Voilà qui tombait mal pour les Canaris qui repartaient immédiatement à l'assaut. Ils manquaient de se faire surprendre par Severino Lucas : le Brésilien ne trouvait pas le cadre (62e). Les coaches décidaient alors de modifier leur organisation. Pierre-Yves André succédait à Eric Djemba - Stéphane Ziani glissait en position axiale - tandis que Cyril Chapuis était substitué à Lucas (63e).

Le coup de grâce d'Anthony Reveillères

Eric Djemba

Nantes poussait sans parvenir à égaliser. A l'image de Frédéric Da Rocha dont le lob instantané frôlait la transversale (67e) ou de l'intervention sans faille d'Eric Durand dans les pieds d'Olivier Quint (69e). Dominés, les Rennais demeuraient incisifs. Profitant d'une hésitation de Sylvain Armand, Anthony Réveillères rappelait les champions de France à la dure réalité du terrain. D'un tir imparable, il doublait la mise : 2-0 (75e). Un coup de grâce qui annihilait le suspense. Au coup de sifflet final Stéphane Ziani analysait la défaite avec philosophie : "Je suis déçu au regard de la première période. Mais en seconde mi-temps, nous avons été moins performants. Nous avions moins de mobilité. Nous avons commis des erreurs et nous les avons payé cash. C'est dommage car il y avait la possibilité de réaliser quelque chose. Nous avions la possibilité de recoller... J'espère que nous le ferons dimanche prochain contre le Paris SG."

Pierre Minier