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Nantes, le 22 mars 2007. Samedi, à l'occasion des 8e de finale de la Coupe Gambardella, les jeunes pousses de Laurent Guyot se déplaceront à Calais avec pour objectif d'obtenir leur ticket pour le tour suivant. Pour le responsable du centre de formation nantais, il faut repartir de zéro et ne pas rester sur la belle qualification obtenue à Rennes, le 28 février dernier. Le mot d'ordre est "l'humilité".
Y a-t-il toujours une certaine fierté à passer des tours en Coupe Gambardella ?
Laurent Guyot : Il y a forcément une satisfaction d'avoir atteint ce stade de la compétition. Maintenant, il y a un match à faire. On espère franchir un cap supplémentaire. On a atteint le même niveau que l'an passé. Ca s'était alors arrêté là aux tirs au but face au Mans. On a l'opportunité de faire mieux, face à un adversaire difficile.
N'y a-t-il pas un risque de décompression après une qualification face à Rennes, de sous-estimer Calais ?
Laurent Guyot : Le principal danger est là ! Je l'ai dit aux joueurs. Il ne faut pas penser qu'après s'être qualifiés face à Rennes on a la certitude de passer Calais. Il ne faut pas oublier que Calais a éliminé Lille au tour précédent, deux buts à un. Si on le pense avant d'y aller, on est déjà en danger. Il faut aller là-bas confiants - par rapport au match à Rennes parce qu'on a fait une bonne prestation face à une bonne équipe - et avec beaucoup d'humilité et beaucoup de respect pour Calais.
La Coupe Gambardella vous aide-t-elle en championnat ?
Laurent Guyot : Ca crée une dynamique, sachant que les deux compétitions sont complètement différentes. En championnat, je dirais qu'on a rectifier le tir dans les résultats et surtout dans l'état d'esprit. Maintenant, il y a aussi d'autres équipes qui s'accrochent et qui font un bon parcours. On a pris un peu d'air à quatre matches de l'arrivée mais rien n'est terminé. Maintenant, se projeter sur un match de coupe avec, en point de mire, un quart de finale, ça permet d'aborder les matches avec un état d'esprit et un objectif moins stressant et un peu plus intéressant.
Serez-vous appelé à faire appel, comme face à Rennes, aux meilleurs 16 ans ?
Laurent Guyot : Il y aura au moins un 16 ans qui débutera le match à Calais. On essaiera de former la meilleure équipe possible. On a tendance à croire que ce sont les plus âgés, ceux qui jouent habituellement en CFA voire pour certains en pro, mais quand on arrive sur le terrain, si c'est faire une somme d'individualités, ce n'est pas toujours la bonne recette. Il faut aussi être capable de raisonner en terme de cohésion et c'est le plus difficile., sans négliger la valeur individuelle de certains joueurs. Il faut que les uns et les autres soient capables de faire ensemble, au niveau de l'état d'esprit.
"Ce genre de match
fait
partie de l'apprentissage"
A l'image de William Vainqueur ?
Laurent Guyot : Oui, mais la difficulté pour William, s'il joue à Calais, c'est de se projeter après avoir évolué à Monaco contre des joueurs comme Koller ou Piquionne. Par contre, les joueurs de Calais vont jouer contre William Vainqueur. La motivation des uns sera naturellement plus importante que celle de William. Ca, on peut le comprendre. Il faut pourtant être capable de passer. Ca caractérise bien le match de samedi soir.
Ne craignez-vous pas le match piège ?
Laurent Guyot : Ce sera dur. Il m'ont proposé de faire ce match le samedi à 19h parce qu'il y aura du monde. Mais c'est ce qu'on veut. On veut être footballeur pro parce qu'on veut connaître ce type de match. C'est mieux de jouer un match de Gambardella à Calais devant 1500 ou 2000 personnes plutôt que devant quarante personnes chez nous. Ca fait partie de l'apprentissage. On ne fait pas de compétition à outrance en formation mais la formation fait partie de la compétition. Ce match est intéressant parce qu'il va révéler la force de caractère de certains joueurs, ou non.
On imagine que vous vous êtes renseigné sur votre futur adversaire...
Laurent Guyot : (Sourire) Je connais un peu Calais. J'ai pris quelques renseignements, comme tout le monde le fait en Gambardella. Je sais que Calais s'est renseigné sur nous aussi... C'est une équipe qui se battra de la première à la 97e minute, elle y croira jusqu'au bout. Elle a des qualités et des failles, comme toutes les équipes. A nous d'être capable de jouer notre jeu et de prendre en défaut cette équipe. Je m'attends de toute manière à un match compliqué.
Une défaite ?
Laurent Guyot : Ce serait une déception, comme toutes les défaites. Nous sommes des compétiteurs, et nous aimons gagner. Maintenant, une défaite comme une victoire ne remet pas en cause le travail fourni ici, au même titre que la victoire à Rennes ne nous rendait pas extraordinaires. On a une ligne de conduite, on avance. C'est sûr que la victoire à Rennes ou encore de voir la CFA a une victoire de la troisième place valorisent le travail. Mais ce n'est pas une défaite sur un match qui peut tout remettre en cause. Mais il est évident qu'une nouvelle qualification valoriserait une nouvelle fois le travail. On aime gagner, on y va pour se qualifier et si on a le bonheur de se passer, on aura le même raisonnement pour le tour suivant.
On en est encore loin, mais pensez-vous à un clin d'oeil de faire le lever de rideau de la finale de Coupe de France où on retrouverait les pros du FC Nantes ?
Laurent Guyot : On ne veut pas y penser parce qu'on est trop loin. Je parlais d'humilité et l'humilité est de dire qu'on a un match à Calais. Il faut déjà se qualifier. Et ce ne sera que pour un quart de finale. Maintenant, je parlais aussi de valorisation du travail et si ça pouvait se produire, ce serait très bien ! On va y aller étape par étape. On sait où est l'objectif et seize équipes ont cet objectif. A la fin du week-end, elles ne seront plus que huit. Et ainsi de suite. L'objectif, il est d'être au tour suivant, dans le saladier du tirage au sort. Il sera toujours temps de parler d'autre chose si ça se présente. 
Propos recueillis par F.C.
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