Serge Le Dizet : C'est pour moi une grande fierté !

Nantes, le 3 janvier 2005. Tout juste nommé à la tête du groupe professionnel, Serge Le Dizet - après avoir rencontré les joueurs en compagnie de son staff - a répondu aux questions des nombreux journalistes venus l'interroger. fcna.fr vous propose de retrouver l'intégralité de la conférence de presse du nouvel entraîneur des Canaris. Lire son interview.

uel effet cela fait-il de prendre la tête de l'équipe en cours de championnat, dans une situation difficile ?
Serge Le Dizet :
Avant de parler de situation compromise, je suis tout d'abord fier de devenir entraîneur du FC Nantes. J'étais déjà fier de venir au FC Nantes en tant que joueur et devenir entraîneur est pour moi une grande fierté. J'ai une pensée pour Coco Suaudeau et Raynald Denoueix qui ont été mes deux entraîneurs ici. Je ne vais pas faire du Suaudeau ou du Denoueix mais ce sont des gens qui m'ont beaucoup influencé dans ma façon de voir le football et j'espère que mon coaching ressemblera quand même beaucoup à celui de ces deux personnes.

Revendiquez-vous leur filiation ?
Serge Le Dizet : Bien sûr. Je pense qu'une des clés de la réussite d'une équipe de football et d'un joueur de football, c'est la notion de plaisir. Et quand vous prenez du plaisir à l'entraînement, vous avez des chances d'en prendre en match. Alors après, ça se concrétise par une victoire, un match nul, des fois par des défaites. Mais je pense que l'énergie de la victoire, c'est la notion de plaisir. J'en ai eu quasiment en permanence avec Coco Suaudeau, pendant 5 ans, et un peu moins avec Raynald parce que c'était ma dernière année et je ne jouais pas beaucoup mais j'ai eu l'occasion de le connaître derrière en tant qu'entraîneur de jeunes. Je revendique beaucoup d'affiliation avec eux.

"J'ai mes conceptions de jeu, du football"

Ce poste est un aboutissement mais fait-il peur aussi ?
Serge Le Dizet : J'ai passé mon DEPF très tôt, il y a quatre ans, et j'ai toujours dit qu'effectivement j'aimerais entraîner un jour une équipe professionnelle. Maintenant, je n'en faisais pas une fixation. J'avais dit également que si je devais entraîner une équipe professionnelle, ma préférence serait à Nantes parce qu'encore une fois j'ai connu tellement de bonnes choses ici, c'est un club qui m'est cher... ça se présente aujourd'hui de par le fait que le Club traverse une période difficile. Aujourd'hui, je pense que je n'avais pas le droit de refuser même si rester dans mon poste à la formation n'était pas quelque chose d'insupportable, bien au contraire, parce que je prenais beaucoup de plaisir et c'est un poste très riche et très formateur pour le poste d'entraîneur plus tard. Ca se fait aujourd'hui, on ne choisit pas toujours. J'ai conscience de l'ampleur de la tâche mais je suis assez confiant. J'ai créé un staff autour de moi que j'ai choisi et je pense que ce sont des gens qui vont m'apporter beaucoup, qui vont apporter à l'équipe bien sûr, mais également à moi dans un premier temps. Parce que ce sont des gens différents. C'est un équilibre entre l'expérience, la jeunesse, la fougue. Je pense que ça correspond aussi à ce que je souhaite dans le jeu.

Comment allez-vous faire la différence ?
Serge Le Dizet : Disons que j'ai vécu la période difficile à côté du groupe de joueurs professionnels et du staff précédent. C'est vrai que c'est une situation difficile pour tout le Club et le fait qu'il y ait un remplacement signifie qu'il y a eu une prise de conscience qu'il fallait faire quelque chose. J'ai mes conceptions de jeu, du football. Je vais essayer d'apporter la confiance qui apparemment faisait défaut au groupe de joueurs en cette fin d'année. La confiance, c'est ce que je leur ai dit tout à l'heure (Ndlr : Serge Le Dizet a rencontré les joueurs en compagnie de son staff avant la conférence de presse), ils la retrouveront à travers le jeu. L'objectif aujourd'hui, c'est le maintien, c'est d'en laisser trois derrière. Mais je pense que l'objectif, c'est de retrouver un niveau de jeu qui nous permette de retrouver une place au classement qui corresponde un peu plus à ce qu'on est en droit d'attendre du potentiel de ce groupe.

Quelle est votre conception du jeu ?
Serge Le Dizet : Le plaisir. Je ne vais pas parler du "jeu à la nantaise" parce que ça veut dire tout et rien du tout. C'est le plaisir de venir à l'entraînement, avoir envie de progresser, individuellement, collectivement - c'est ce que j'ai dit aux joueurs -, tous les jours à l'entraînement. Parce que le match, après, on ne peut plus grand-chose. Il y a le coaching à travers les situations de jeu mais ça se passe avant. Le travail des coaches, c'est tous les jours à l'entraînement, à travers les messages, la qualité ou pas des entraînements. J'ai pris Georges Eo dans mon staff justement par rapport à l'apport qu'il peut avoir, sur le fait d'avoir côtoyé Coco et Raynald au niveau des séances d'entraînement. Je ne l'ai pas pris par hasard et Georges aura un rôle intéressant à ce niveau-là. On va travailler ensemble et j'attend beaucoup de notre association.

"La priorité est de retrouver un niveau de jeu"

La priorité est-elle au retour du "jeu à la nantaise" ?
Serge Le Dizet : J'ai dit que la priorité, c'était de retrouver un niveau de jeu qui manifestement n'était pas à la hauteur de ce qu'on était en droit d'attendre et Loïc l'a dit aussi en fin d'année. On peut gagner un match comme ça, en étant pas très bon. Ca peut arriver une fois, deux fois, mais à moyen terme et à long terme, on sait très bien que les victoires reviendront à travers un niveau de jeu plus élevé. Notre objectif, à Georges et moi - et les autres coaches -, ça va être de justement apporter de la confiance et des éléments du jeu pour retrouver un jeu plus conforme à ce qu'on est en droit d'attendre.

Souhaitez-vous des recrues ?
Serge Le Dizet : C'est un peu tôt pour en parler. J'y ai pensé au cours de ces 72 heures parce que ça s'est précipité vendredi après-midi. Dans ma tête, il y a pas mal de choses et, effectivement, je ne veux pas dire que ça n'était pas ma priorité parce qu'il y avait un stage à préparer, il y avait des choses à mettre en place... ça va être une discussion que je vais avoir avec Robert Budzynski et avec le président Gripond. On a déjà enregistré l'arrivée de Diallo. Il faut attendre quelques jours et laissez-moi le temps d'une réflexion complémentaire pour pouvoir en parler.

Quels ont été vos premiers mots aux joueurs, ce matin ?
Serge Le Dizet : J'étais content de retrouver des jeunes que j'ai eus en formation, d'autres avec qui j'avais joué et d'autres que je vais être amené à découvrir. C'est un groupe un peu cosmopolite pour moi. Je leur ai dit que j'étais surtout très fier d'être leur entraîneur, que je vais faire tout mon possible pour qu'en fin de saison le FCNA soit encore en Ligue 1. Et je reste persuadé que s'ils adhèrent à ce que je vais leur demander, on peut laisser non-pas trois derrière mais peut-être un peu plus. C'est l'objectif.

Et s'ils n'adhèrent pas ?
Serge Le Dizet : S'ils n'adhèrent pas, je serai viré. Je suis confiant. Je crois qu'il faut être confiant quand on prend un poste comme celui-là. Non pas qu'on n'envisage pas l'échec mais si on commence à se dire qu'on ne va pas y arriver, je peux déjà laisser ma place. Si je veux faire passer un message positif, si je veux faire croire aux joueurs que c'est possible, si moi je n'y crois pas, ça va être difficile ! C'est le B-A BA du management et ça n'est pas de la démagogie. J'y crois fortement. Même si j'ai conscience que la situation n'est pas facile pour une première expérience mais, encore une fois, on ne choisit pas. Ca vient aujourd'hui. On va se défoncer, on va faire tout notre possible pour y arriver. Je crois qu'on a besoin de tout le monde. On a besoin des joueurs - c'est ce que je leur ai dit ce matin -, on peut vous apporter des éléments mais ça reste vous qui avez la solution finale parce qu'encore une fois, une fois que le match est parti, on peut difficilement influer sur le résultat. C'est eux qui détiennent la vérité. A moi et à mes collègues de faire en sorte qu'ils adhèrent justement et c'est tout le boulot d'un coach.

"J'ai eu une réflexion globale sur le staff professionnel mais également sur l'ensemble du Club"

Il faut aussi qu'au sein du staff technique, il existe une certaine cohésion...
Serge Le Dizet : Je pense qu'à travers le choix de mes adjoints, j'ai essayé d'apporter un équilibre et une cohérence pour qu'on puisse être le plus efficace possible. Ensuite, le fait de garder Stéphane Moreau au niveau du groupe de CFA, c'est quelqu'un avec qui j'ai travaillé pendant un an et demi, ça me semblait quelque chose de logique aussi parce que j'étais persuadé - et je le reste - que la réussite du FCNA passe par une grande unité de haut en bas et je pense aujourd'hui qu'il y a cette unité. Et j'ai veillé justement à ce que tout soit à niveau pour l'ensemble du Club. Et même si ça s'est fait un peu dans la précipitation ces dernières 72 heures, ma réflexion était déjà là depuis deux mois parce qu'effectivement, à travers les difficultés que rencontrait l'équipe ces deux derniers mois, je savais que je pouvais être une possibilité de changement. Ce serait faux de dire le contraire et qu'effectivement j'avais une réflexion globale sur le staff professionnel mais également sur l'ensemble du FC Nantes. Même si je sais que la priorité aujourd'hui, c'est l'équipe professionnelle pour moi. Ces mesures-là sur l'unité du staff, ça va m'être utile sur les six premiers mois mais c'est surtout dans la politique dans le moyen et long terme du Club que ça portera ses fruits.

Vous sentez-vous capable d'imposer votre personnalité face à celles de Mickaël Landreau et du président Gripond ?
Serge Le Dizet : Je pense qu'il faut avoir de la personnalité. Moi, j'ai la mienne. Oui, je pense avoir cette capacité à prôner mes idées et à les mettre en application. Le président a les siennes, Mickaël a les siennes. Mais je crois qu'en bonne intelligence et si chacun reste à sa place - c'est le message que j'ai déjà fait passer à tout le monde -, il n'y a pas de raison que ça ne se passe pas du mieux possible. Encore une fois, je crois que chacun a un travail à faire dans un club, chacun doit rester à sa place. Il y a des situation où on doit se voir, échanger, parler mais après il y a des gens pour décider dans telle ou telle situation, sur un plan technique... je saurai être garant de mes idées.

Les matches à Cournon et à Bastia paraissent encore loin...
Serge Le Dizet : Il y a trois matches en une semaine effectivement. C'est ce que j'ai dit aux joueurs. On a du temps mais pas trop. Il ne faut pas croire non-plus que j'ai une baguette magique. Je l'ai dit, je n'ai pas la science infuse, je ne vais pas tout révolutionner - d'ailleurs je ne compte pas tout révolutionner -, je leur ai dit qu'il fallait qu'on retrouve un niveau de jeu plus élevé, c'est certain. Je crois que tout le monde en avait conscience. On va s'entraîner, faire ce qu'il faut pour, il y a des matches qui arrivent. Il y a ce match de Coupe de France. Mentalement, il est bien évident que ce serait une bonne opération de gagner, on va tout faire pour gagner mais l'objectif est d'en laisser trois en fin de saison et on ne sera peut-être pas récompensés tout de suite par rapport à notre progression, par rapport à l'implication qu'on va mettre l'entraînement et dans les matches. Parce que le football reste le football. Ce que je leur ai dit, c'est qu'il faut qu'ils soient intègrent. Qu'ils fassent le maximum et, à partir de là, on sera récompensés automatiquement à un certain moment. La récompense finale viendra en fin de saison. C'est ça l'objectif ! Evidemment gagner des matches, bien sûr, on joue tous les matches pour les gagner. A commencer par Cournon et Bastia le mercredi et Rennes le samedi. Mais ça reste le football. Encore une fois, on va tout faire pour. Je sais où en est le groupe aujourd'hui. J'ai observé, j'ai vu, j'ai regardé, j'ai entendu. Il faudra du temps mais pas trop parce qu'il y a une situation d'urgence évidemment et il faut se donner tous les éléments de réussite.

"J'ai cinq mois pour revaloriser le potentiel du groupe"

Est-ce un groupe qui a le potentiel pour s'en sortir ?
Serge Le Dizet : Il y a un potentiel pour ne pas être relégable. Aujourd'hui, on n'est pas relégable. On est à la 17e place. Je pense qu'on n'a pas un groupe pour être champion de France ou pour être européen, c'est clair. Mais je ne pense pas que cette 17e place corresponde à un potentiel de base. En tirant la quintessence de ce groupe, avec un peu de chance, si tout s'emballait bien en début de saison, on pouvait peut-être briguer une sixième place. Si on avait un potentiel, entre guillemet normal, ça pouvait se jouer entre la 8e et la 15e et si effectivement on est en-dessous de ce potentiel de base, on est en position difficile de relégable. Je pense donc qu'aujourd'hui, on est en-dessous du potentiel. Il faut revaloriser ce potentiel, lui redonner des éléments de base pour pouvoir s'exprimer mieux. C'est mon boulot ! J'ai cinq mois pour ça, dans un premier temps. J'ai conscience de la difficulté mais je pense que c'est possible parce que je n'aurais pas accepté, je ne suis pas fou non-plus. J'ai réfléchi depuis deux mois et plus précisément depuis 72 heures.

Quelles sont les conditions de votre arrivée ?
Serge Le Dizet : Je n'ai pas de garantie. Le président vous le dira peut-être mais j'ai signé pour deux ans et demi avec un objectif, qui ne m'a pas été donné directement mais il vient naturellement pour moi, qui est d'en laisser au minimum trois derrière. En fin de saison, on verra. C'est un peu tôt pour en parler. On vient de changer un entraîneur. On n'est pas à changer celui qu'on vient de mettre en place. Ca arrivera peut-être. Ca fait partie du métier, il faut être un peu maso pour faire ça...

Avez-vous eu des revendications ?
Serge Le Dizet : Les événements de fin d'année ont mis en avant certaines choses. Est-ce vrai, pas vrai ? Moi, ce qui m'intéresse maintenant c'est, non pas d'oublier ce qui s'est passé, surtout de me projeter sur le nouveau départ. J'ai effectivement dit que j'avais mes conceptions, je pense que je sais me faire écouter. Il y a des choses que je souhaitais qui ont été accordées et j'espère que ce sera maintenu pour que je puisse travailler avec toute la latitude d'esprit et d'initiative que je souhaite.

De quel ordre ?
Serge Le Dizet : Je l'ai dit. Chacun reste à sa place. Il y a des gens pour faire un boulot, d'autres pour faire un autre boulot. Le mien, c'est d'entraîner une équipe, d'apporter les éléments nécessaires pour que cette équipe soit efficace. C'est mon boulot. Ca passe par une certaine liberté d'expression. Je l'ai eue à la formation. Il y a eu des résultats assez intéressants, je le pense, et mon souci sera de maintenir le même fonctionnement à l'étage au-dessus. Même si je sais que la tâche est beaucoup plus difficile et différente. J'espère que ça a été entendu et surtout maintenu.

"Mon souhait était évidemment de rester à Nantes..."

Avez-vous hésité avant d'accepter ?
Serge Le Dizet : Je vous ai dit que ça fait deux mois que je savais qu'on pouvait arriver à cette situation-là. J'y ai donc réfléchi depuis deux mois, j'ai analysé pas mal de choses et, vendredi après-midi, quand la président m'a appelé pour me proposer le poste, il y avait deux ou trois points sur lesquels je voulais éclaircir les choses. Mais mon choix était fait. J'avais fait le transfert dans ma tête par rapport à ce qui pouvait arriver.

Sinon, auriez-vous quitté Nantes ?
Serge Le Dizet : Je l'avais dit à un moment, tout était possible. Quitter Nantes ne serait-ce que par ne pas avoir mon contrat renouvelé, tout simplement. Ensuite, il ne faut rien écarter dans le football, encore moins à un poste comme celui-là. Mon souhait était bien évidemment de rester à Nantes. Sous quelle forme ? Mon poste précédent me plaisait énormément... C'est certain, mon souhait était de boucler la boucle au FCNA comme avaient pu le faire Coco Suaudeau et Raynald Denoueix justement, c'est-à-dire avoir été joueur, responsable du centre et un jour terminer par être entraîneur. On me le propose aujourd'hui donc je l'accepte bien volontiers. Je n'avais rien écarté. Mais mon souhait était de rester ici parce que je dois beaucoup à ce club. C'est ce club qui m'a apporté mon palmarès, qui m'a apporté ces notions de plaisir - j'y reviens parce que c'est tellement important -, il y a tellement de gens formidables ici, il y a des structures, la Jonelière - quand vous voyez ce cadre, ça vous donne envie de bosser, ça vous donne envie de vous défoncer pour ce club -, il y a une âme. J'ai ce club dans le ventre et ça aurait été un déchirement de le quitter mais je ne l'avais pas écarté.

Mickaël Landreau sera-t-il maintenu au poste de capitaine ?
Serge Le Dizet : Bien sûr. De mon côté, il n'y a pas de souci. Je vous l'ai dit, je ne veux pas revenir sur ce qui s'est passé en fin d'année. Ce qui m'intéresse, c'est la deuxième partie et Mickaël est un joueur très important dans l'opération maintien et on aura besoin de toutes les qualités de Mickaël, directement mais aussi au niveau de tout ce qu'il apporte au groupe, pour pouvoir s'en sortir. Donc pas de souci de ce côté-là.

"Georges Eo peut nous apporter énormément"

Pouvez-vous nous parler de votre staff ?
Serge Le Dizet : Oui. Georges sera mon adjoint J'ai voulu le prendre parce que c'est quelqu'un qui a travaillé avec Raynald, avec Coco, qui a une grande expérience de ce poste. Il peut m'apporter énormément, à moi, au groupe. C'est quelqu'un avec qui j'ai beaucoup d'affinités et c'est quelqu'un qui a une légitimité au niveau du club que ce soit à travers les joueurs, l'encadrement, le personnel et ça me semblait intéressant de prendre Georges dans ce registre. Il a vu pas mal de matches depuis un an et demi sur le plan national, international, il a vu pas mal de joueurs, c'est une expérience supplémentaire pour lui et pour nous indirectement. Il peut nous apporter énormément. Georges travaillera avec moi. Ensuite, Xavier Bernain devient le préparateur athlétique des pros. Xavier est arrivé en début de saison en provenance d'Istres pour travailler au niveau de la formation. C'est vrai, c'est allé vite pour lui. Il s'est retrouvé projeté dans une situation un peu difficile parce que très vite son nom a été évoqué. Il s'est retrouvé comme moi entre la formation, les pros et ça l'a peut-être déstabilisé dans un premier temps. Mais à travers les six mois qu'il a passé ici, Xavier m'a conforté dans le fait que je ne m'étais pas trompé en le prenant au niveau de la formation. Il va falloir maintenant le traduire au niveau professionnel mais, si je l'ai pris, c'est que j'ai confiance. Ensuite, Franck Mantaux. C'est un peu dans le même registre que Xavier. A part que lui, je le connaissais déjà parce que j'avais joué avec lui quelques temps à Rennes. C'est aussi quelqu'un qui va apporter, à sa façon, au niveau des gardiens et également à mon niveau. Encore une fois, il y a ce qu'on peut apporter directement au groupe mais il y a aussi au coach. Et ce sont des gens qui sont intègres, qui me sont fidèles et je sais que je peux avoir leur soutien et leur apport en permanence; quand ça va bien mais surtout aussi quand ça ira moins bien. Il ne faut pas se leurrer, ça ne va pas être tout rose tous les jours. J'aurais besoin de leur soutien et de leur apport psychologique et technique, tout simplement de leur compétence. J'ai pris des gens qui pensent d'abord au club avant leur propre sort et ça me paraît important. Qu'on soit solidaires me paraît une logique tout simplement de fonctionnement. Et que les joueurs qui sont en face voient un staff soudé, cohérent, compétent je l'espère, c'est quand même un gage de réussite pour la suite. Quand ils verront qu'il n'y a pas de faille, que tout le monde est bien groupé, que tout le monde va dans le même sens, vers le même objectif, c'est déjà une bonne base de travail et de réussite.

Propos recueillis par F.C.