26 décembre 2017

''Je veux toujours plus !''

Claudio Ranieri

Au terme d'une phase aller réussie, Claudio Ranieri s'est montré ambitieux et content du parcours réalisé lors des cinq premiers mois de compétition. "Je ne sais pas quel est le maximum pour cette année, a-t-il expliqué. Je veux qu'on joue chaque match comme si c'était le dernier." Une philosophie de vie que ses joueurs ont rapidement adopté.

Etes-vous satisfait de cette première demi-saison ?
Claudio Ranieri :
Je suis content. C'est difficile de dire "satisfait". Je veux toujours le meilleur. Et ce n'est pas possible, c'est une utopie. Mais je suis content. J'ai un bon groupe de joueurs, qui fait de bonnes choses. C'est difficile. Mais je veux que les joueurs aient beaucoup d'ambition et qu'ils veuillent s'améliorer. Je suis toujours content quand mes joueurs font ce que je leur demande, tous les jours, à l'entraînement... Je suis très content.

Quel a été, selon vous, le match le plus abouti ?
Claudio Ranieri :
Je pense que nous avons fait un bon match face à Marseille, notamment en deuxième mi-temps, même si on perd 1-0. On a aussi fait un bon match tactique contre Lyon. Je me rappelle aussi des matches à Bordeaux ou contre Monaco... et même contre Nice. On fait de bonnes choses. Il a seulement manqué les 20 derniers mètres, la dernière passe ou la frappe. On construit beaucoup d'occasions. Nous avons fait beaucoup de bons matches.

A l'inverse, lequel ne vous a pas plu ?
Claudio Ranieri :
Le premier match contre Lille, à Dijon et contre Rennes. Je veux toujours le maximum. Et quand je ne l'ai pas, je suis fou. Ces matches n'ont pas été joués avec la même "grinta" ou rage. Jouer avec la qualité n'est pas suffisant. Il faut la détermination de gagner les duels, être solide... Si on perd mais que je vois que l'équipe a fait le maximum, c'est que l'adversaire était meilleur que nous. Contre Nice, nous avons fait plus que l'adversaire. Mais Nice marque deux fois sur trois frappes. Ok. Mais on a bien joué.

Etes-vous content de cette 5ème place au classement ?
Claudio Ranieri :
Oui, je suis content. Parce que je ne sais pas où on peut arriver. Je l'ai déjà dit, mais l'équipe doit lutter parce que je veux toujours le maximum. Aujourd'hui, je ne sais pas ce qu'est ce maximum. Peut-être la Champions League ? l'Europe ? Je ne sais pas. Mais je veux qu'on joue chaque match comme si c'était le dernier. C'est une philosophie. J'ai oublié ce qu'on a fait hier. Je regarde toujours vers l'avant. Je ne suis jamais satisfait : je veux toujours plus !
Je veux que cette philosophie de vie - parce que ce n'est pas seulement pour le football ! - soit celle des joueurs. Il faut être combattif et positif. C'est gagné ? c'est perdu ? Allez, on passe au match suivant. On passe à autre chose, en étant positif.

Le FC Nantes peut-il ambitionner l'Europe à la fin de la saison ?
Claudio Ranieri :
L'ambition, c'est de faire le maximum. Encore une fois, je ne sais pas quel est le maximum cette année pour l'équipe. On est 5ème. Je ne sais pas si on peut faire mieux ou si d'autres équipes vont monter. On doit défendre notre place, prendre des points et faire de bonnes choses.

Tous les joueurs du groupe sont concernés et à l'écoute de votre discours...
Claudio Ranieri :
Il y a toujours 13, 14 ou 15 joueurs qui vont jouer le plus souvent. Mais, pour moi, les plus importants sont les joueurs qui ne jouent pas. J'ai besoin de tout le monde. Imaginons qu'on arrive à la fin du championnat, avec un super classement. Un joueur n'a joué que deux ou trois matches. Mais ce sont deux ou trois matches très importants qu'il a bien joué. C'est le plus important pour l'ambiance. Je ne veux pas que les joueurs qui ne jouent pas se relâchent. Les titulaires peuvent aussi se relâcher. Non, je veux qu'ils voient des concurrents qui poussent pour prendre leur place. Je veux de la concurrence entre les joueurs.

Vous faites régulièrement appel aux joueurs formés au club, à l'image d'Abdoulaye Touré, votre homme de base depuis le début de la saison...
Claudio Ranieri :
Pour moi, le salaire ou la provenance n'a aucune importance. Ce qui compte, c'est "est-ce bon pour l'équipe" ? Pour moi, seule l'équipe est importante.
Abdoulaye Touré, je l'avais vu l'année dernière. C'est un bon joueur, mais il fait des erreurs sur des passes. Aujourd'hui, il fera une ou deux erreurs. Et je sais qu'il va encore s'améliorer. C'est un garçon très intelligent. Il peut attaquer, défendre, il a un bon jeu de tête, il a une bonne vision du jeu... C'est un joueur "box-to-box", mais je lui demande de rester en place pour avoir une bonne vue tactique du jeu. Je suis très content de lui.

Avez-vous compris en début de saison les critiques sur le jeu de l'équipe ?
Claudio Ranieri :
Oui. Mais je pense que beaucoup a été dit parce que je suis italien, non ? On a parlé de bus... Mais quand j'ai entraîné Monaco, tout le monde amenait le bus face à nous. J'étais déjà italien, mais j'attaquais !

La Ligue 1 a-t-elle changé entre votre passage à Monaco et votre arrivée à Nantes ?
Claudio Ranieri :
Oui, tous les championnats évoluent. Les entraîneurs changent, les joueurs changent, les leaders d'un championnat changent...

Le mercato d'hiver arrive. Pensez-vous que votre équipe a besoin de renforts ?
Claudio Ranieri :
Je pense surtout que nous avons besoin du même groupe. J'ai un bon groupe avec de bons joueurs. Si quelqu'un qui peut améliorer le groupe arrive, je serai content. Mais je sais aussi que c'est difficile, en hiver, de prendre le bon joueur. Je suis sûr que s'il a une bonne opportunité, le président apportera quelqu'un.

Vous avez découvert cette saison le public de la Beaujoire. Cela fait-il une différence ?
Claudio Ranieri :
Oui, c'est magnifique. Quand on joue à la Beaujoire, les joueurs écoutent la bonne pression, la satisfaction. Il y a un bon feeling entre les joueurs, le staff et les supporters. C'est fantastique.


Par F.C. & J.J.