Musée des canaris Blason

19 février 2018

Michel a vaincu ses démons

LE JOUR OĂ™...

Cinquante-sept fois international, une dizaine de fois capitaine de l'équipe de France, deux fois champion de France, et il désespère de faire un jour le geste glorieux : brandir au-dessus de la tête devant la foule parisienne le trophée en argent pour lequel luttent des milliers de footballeurs, chaque année, de septembre à juin.

Débarquant à Nantes en juillet 1966, Henri Michel était arrivé dans un club champion de France traumatisé par sa défaite en finale de Coupe devant Strasbourg (1-0).
Pendant treize ans, Michel s'entend rabâcher que le FC Nantes ne la gagnera jamais, cette satanée Coupe. Elle ne serait pas pour lui. Il finit par y croire lui-même quand il tombe devant Saint-Etienne en 1970 et Lyon en 1973.

Nantes a le malheur d’entretenir un complexe-girouette tantôt de supériorité, tantôt d’infériorité, mais toujours mal venu. « Les vieux démons, dit Michel, rôdent toujours autour de nous. Ils sont là, je les sens, je les entends. » C'est dans un éclat de rire qu'il décrit cette vision d'épouvante.

Mais, le 16 juin 1979, Nantes finit par ajouter son grain de sel à 61 ans d’histoire de la Coupe, après avoir longtemps tremblé d’ailleurs. Il pense affronter Strasbourg en finale et le sort lui offre Auxerre. David promis à la gloire de Goliath. Mais ce Goliath aux pieds d’argile a besoin de 120 minutes et de beaucoup de sueur pour venir à bout de la bande à Guy Roux (4-1 après prolongation).

Le bel Henri Michel, la moustache frémissante, peut enfin monter à la tribune présidentielle du Parc des Princes pour recevoir cette Coupe qui le boudait. Sa joie éclate et n’est même pas troublée par les sifflets de ceux qui attendaient plus et mieux des Nantais. Une victoire en Coupe ne se pèse pas au poids de la qualité. Elle se prend à l’anglaise et se niche au fond du cœur. Pour l’éternité.


UN JOUR, UNE DECLARATION

Michel Der Zakarian
« Le jeu à la nantaise n'est pas un jeu que l'on intègre comme ça, d'un seul coup. Il faut du temps, surtout pour un attaquant, les gens devraient s'en rendre compte. »
Septembre 2001


LA LEGENDE DU FC NANTES
1943-2018 : 75 ANS D’HISTOIRE
Par Denis Chaumier