Il n'avait que 23 ans en ce soir du 7 mai 2000 mais disputait déjà sa deuxième finale de Coupe de France ! L'ancien défenseur du FC Nantes, Nicolas Gillet, 43 ans aujourd'hui, revient sur le parcours des nantais et cette ultime victoire face aux amateurs du Calais RUFC (2-1), quelques jours avant d'aller chercher un maintien dans l'élite sur la pelouse du Havre AC (0-1). Entretien.
Bonjour Nicolas, comment allez-vous après ces deux mois de confinement ?
Nicolas GILLET : "Je vais bien, merci. On prend notre mal en patience et cette période permet de se recentrer sur nous, notre famille et les choses importantes."Qu'est-devenu Nicolas Gillet, l'ancien joueur professionnel ?
"Je suis toujours dans le football, du côté de l'USJA Carquefou, à la tête des U17 Nationaux. J'ai obtenu mon BEF (Brevet d'Entraîneur de Football) il y a 4 ans, le DES (Diplôme d'État Supérieur) il y a 2 ans. Ces diplômes me permettraient éventuellement d'aller entraîner dans un centre de formation.
Le club de Carquefou se structure toujours un peu plus chaque année et attache une grande importance à la formation. En tant qu'entraîneur ? Je suis comme je suis comme je suis en tant qu'homme, comme ce que j'étais en tant que joueur également. Tout le monde a ses qualités et ses défauts mais je fais tout pour que les jeunes prennent du plaisir à jouer, à évoluer et progresser."

Ce jeudi 7 mai, le FC Nantes fête le 20ème anniversaire de sa victoire face au Calais RUFC, en finale de la Coupe de France. Conserver ce titre, était-ce une envie importante au début de la saison ?
"Honnêtement, ce n'était pas le but du début de saison. Par contre, faire un parcours en Coupe et voir où ça pouvait nous mener, forcément ! Quand on a vu qu'on avançait petit à petit et qu'on passait les tours, malgré nos résultats en championnat, tout le monde s'est dit que ça pourrait être sympa de faire le doublé !"
Cette Coupe de France a-t-elle été une bouffée d'oxygène, notamment pour s'échapper d'une saison compliquée en championnat ?
"Sûrement mais ça, on ne le saura jamais (rires). Peut-être que sans ce long et beau parcours de Coupe on aurait pu se sauver plus aisément ou peut-être qu'on serait descendu… L'histoire fait que cette victoire a donné beaucoup de confiance à tout le groupe avant d'aller jouer un dernier match décisif la semaine suivante au Havre (succès 0-1, J34). Il faut dire que ce soit en Coupe ou en championnat, le coach n'a jamais bougé d'un iota sur ses consignes. Après, forcément il a fallu s'adapter pour réagir mais ce maintien de nos principes de jeu a été la clé de notre fin de saison. C'est certain."
Quels souvenirs gardez-vous de ce parcours ?
"Vraiment, je me souviens très bien de deux rencontres : la demi-finale remportée à Monaco (0-1) et la finale au Stade de France face à Calais (2-1). Avant, c'est un peu flou. Même le Derby face à Rennes (remporté 2-1, a.p à La Beaujoire), était quelque peu sorti de ma mémoire (il sourit).
Pour revenir à Monaco, on allait jouer là -bas et Calais défiait Bordeaux, à Lens. Tout le monde voyait déjà une finale de prestige entre Monaco et Bordeaux ! Tout le monde. Finalement, Calais et nous avions su déjouer les pronostics pour s'offrir notre moment au Stade de France. C'est le charme de la Coupe."
Quelle image l'équipe avait du Calais RUFC avant cette finale, notamment vis-à -vis de leur superbe parcours ?
"Il faut vraiment tout dissocier dans cette histoire, dans leur aventure.
Nous avions vraiment beaucoup d'estime pour les joueurs, pour leur parcours accompli. On ne fait pas un parcours comme celui-ci, sans avoir de valeurs et un minimum de qualité de jeu. Une équipe du monde amateur ne peut pas passer autant de tours face à des formations professionnelles, en jouant mal et en essayant de ne pas marquer. En plus de bien défendre, d'être courageuse et solidaire, cette équipe essayait de se montrer pénible à jouer et de marquer dès que l'occasion se présentait. Les Calaisiens ont su le faire contre nous en ouvrant le score par exemple. Vraiment, il y avait beaucoup de respect pour cette formation qui dans l'ensemble, je dis bien dans l'ensemble, a su faire preuve d'humilité et de cohérence.
J'émets un peu plus de réserve en ce qui concerne leur entraîneur (Ladislas Lozano, ndlr), qui durant un long moment, a essayé de confronter le monde professionnel et le monde amateur. C'était une belle bêtise parce que le football est universel et la base pour un joueur, c'est de jouer pour la passion. Et puis, le sport est le même pour tout le monde. Je n'ai jamais vraiment compris tout ça.
Et puis évidemment, nous étions bien seuls avec nos supporters, contre tous ! Beaucoup de gens voulaient voir Calais, le "petit" faire tomber le "gros" en finale."

Pour revenir sur le match en tant que tel, quels ont été les mots de Raynald Denoueix à la mi-temps, alors que l'équipe s'est retrouvée menée (1-0) ?
"Il a été extraordinaire à la mi-temps. Nous étions menés et il nous a dit de continuer de faire ce qu'on faisait. Il y eu des réajustements, indéniablement, tout en nous assurant qu'on était sur la bonne voie.
Alors oui, le match était équilibré si on ne parle que du score. Je me souviens d'avoir discuté avec certains joueurs de Calais à la fin du match et beaucoup nous affirmaient qu'ils n'avaient jamais autant couru sur une rencontre, ni avoir été autant mis en difficulté que sur ce match. Certes le score a été serré, certes on a fait la différence dans les ultimes instants mais dans l'ensemble de la partie, on a fait ce qu'il y avait à faire. Nous étions aussi dans un contexte quelque peu particulier avec le championnat et par rapport à tout ça, on a fait le match qu'il fallait."
Vous aviez en effet peut-être la tête au Havre, un match décisif pour votre maintien dans l'élite, une semaine plus tard…
"Non, on avait la tête à cette rencontre mais ça ne pouvait pas être similaire à la finale de la saison passée. En 99, c'était la cerise sur le gâteau et le premier trophée qu'on pouvait gagner pour nous, les petits jeunes. Là , avant ce match de Calais, on avait emmagasiné beaucoup de déception, de frustration tout au long de la saison. Mais on souhaitait vraiment remporter ce titre !"
Par M.G














