1er avril 2018

Clerfeuille a été séduit par Arribas

LE JOUR OÙ...

A la fin des années 50, le FC Nantes croule sous les dettes et rêve depuis presque une vingtaine d’années d’atteindre un but qui lui semble parfois inaccessible : la Division 1. Les techniciens ne se bousculent pas au portillon pour prendre l’équipe en main.

Devenu président en juin 1959 par pur hasard et non par vocation, car personne ne veut réellement du poste, Jean Clerfeuille, commercial dans l’agroalimentaire, ne vient pas pour faire de la figuration. Parader ne l’intéresse pas. On le présente comme un homme autoritaire, avec un management « à poigne ». Il assume.

Ce qu’il constate les six premiers mois de son mandat l’incite à donner un bon coup de pied dans la fourmilière. Il se dit que, sans grand entraîneur, il ne pourrait jamais y avoir de grand club à Nantes.
C’est son ami Henri Guérin, à la tête de l’équipe professionnelle à Rennes, qui se charge de lui donner un renseignement précieux. « J’en connais un bon, mais j’ignore pourquoi, personne ne le prend ! »

Il s’agit d’un dénommé José Arribas dont la réputation ne dépasse pas les frontières de son département. Quand Clerfeuille cherche à le joindre au téléphone, chez lui, dans son bar-café près du Mans, à Noyen-sur-Sarthe, il tombe sur sa femme, qui lui demande de rappeler dans l’après-midi.
Deux jours plus tard, Arribas fait face au président nantais dans son bureau, au siège du club. Clerfeuille l’interroge et l’écoute, presque subjugué. Pourquoi ce petit bonhomme à la voix rauque qui ne ressemble pas à grand-chose lui plaît ?

Clerfeuille avouera : « Immédiatement, il m’a passionné. J’ai su qu’il était l’homme de la situation, celui que je recherchais. Je lui ai fait confiance. » Bien vu : José Arribas jettera les bases du jeu qui fera la gloire du club, grâce à un président quelque peu visionnaire qui lui aura mis le pied à l’étrier.


UN JOUR, UNE DECLARATION

Fabien Barthez
« Je ne suis pas intervenu dans l’éviction de Georges Eo. Je n’ai jamais imposé quoi que ce soit. Je lui ai proposé qu’on passe au marquage individuel. Il m’a répondu : « Je préfère la zone. » Le patron, c’est l’entraîneur..." »
Mars 2007


LA LEGENDE DU FC NANTES
1943-2018 : 75 ANS D’HISTOIRE
Par Denis Chaumier