30 décembre 2019

''L'adaptation, intelligence première''

Nicolas Delépine

Arrivé cet été en provenance de l'En Avant Guingamp, Nicolas Delépine a accepté de relever le défi nantais avec beaucoup de détermination. Nouveau Responsable de la Formation Féminine du FCN, l'homme de 40 ans met un point d'honneur à voir les jeunes joueuses performer et gravir les échelons jusqu'aux équipes seniors.

Que représente le football pour toi ?

Nicolas DELÉPINE : "C'est une passion depuis toujours et c'est ce qui m'anime. J'étais un joueur modeste puisque j'ai joué dans les divisions régionales jeunes du côté de Beaufort-en-Vallée (Maine-et-Loire) mais aussi avec l'AC Basse-Goulaine et le Saint-Herblain Olympic Club. Finalement, j'ai arrêté à partir des Seniors puisque j'ai très rapidement eu l’opportunité de me lancer dans l’entrainement et le football féminin."

Comment en arrives-tu à la tête d'une formation féminine ?

"Dès l'université, je me suis occupé de la formation féminine universitaire à Nantes. Des liens se sont établis avec les joueuses, dont certaines évoluaient au SHOC. Il s’agissait de ma première expérience d'entraîneur en club. Finalement, l'année suivante, une opportunité exceptionnelle s'est présentée à moi puisque j'ai été sollicité par le Montpellier HSC, qui mettait en place sa section féminine."

Quels souvenirs gardes-tu de cette très belle expérience dans l'Hérault ?

"Je me souviens être arrivé à l'âge de 21 ans dans le Sud de la France, pour rencontrer le président, Louis Nicollin. C'est un moment qui m'a marqué. Il avait beaucoup de qualités humaines et une envie très forte d'être un acteur majeur du football féminin. Je suis resté 12 ans à ses côtés, au sein de la section féminine du MHSC, avec au départ, la mission de structurer tout ça et un rôle d'adjoint de l'équipe première. Vingt ans après, je retrouve un peu cette place au FC Nantes.
A Montpellier, j'ai voyagé un peu dans le club, en côtoyant notamment Michel Der Zakarian, qui s’occupait à l'époque de l'équipe réserve, Thierry Laurey en charge des U16, ou encore Ghislain Printant, alors à la tête des U17 Nationaux. Avec les filles, j'ai tout connu. On a commencé de rien, avant de grimper les échelons pour finalement remporter la D1, la Coupe de France, participer à la Ligue des Champions avec deux quarts de finale et une demie... J'ai notamment assuré quelques intérims sur le banc, tout en ayant aussi parfois ce rôle d'adjoint. Sur la fin, j'étais exclusivement en charge du centre de formation. Le mise en place de la formation a été un chantier important. On voulait attirer les meilleures joueuses, les faire progresser et on est parvenu à mettre en place quelque chose d'identique à ce que possédaient les garçons, auréoler par 3 titres nationaux consécutifs en U19F."

Direction Guingamp, ensuite, pour relever un nouveau défi ?

"J'arrive en effet dans les Côtes-d'Armor, pour six saisons. Je suis vraiment là pour m'occuper uniquement de la formation cette fois-ci. C'était le souhait du président, Bertrand Desplat, d'axer le projet sur la formation afin que dans le long terme, les trois quarts de l'équipe de D1 soient composés de joueuses issues de « l'Akademi EAG » et que les filles se maintiennent dans l'élite du foot français féminin. Aujourd'hui, c’est le cas. Beaucoup de joueuses sont notamment passées par les U19 Nationaux. Cette aventure bretonne restera gravée avec notamment ce titre de Champion du Monde Scolaire rapporté du Guatemala en 2015."

Douze ans pour une première expérience, six pour une deuxième. La fidélité semble être un mot qui a beaucoup de sens pour toi !

"Oui, c'est sûr. J'ai toujours fait confiance et on a aussi su me rendre cette dernière. Je suis arrivé dans les clubs avec un projet et les gens qui m'ont suivis, ont toujours été en adéquation avec les méthodes et les objectifs proposés."

Pourquoi avoir dit "oui" au FC Nantes ?

"Repartir de « zéro » ? Certains disent que j'aime ça, d'autres pensent que c'est là où je développe le plus d'aptitudes. J'aime mettre en place des idées, les voir grandir et évoluer. Ici, il y a la possibilité d'apporter quelque chose sur un poste qui a été mis en place cette année et qui est amené à gérer les structures actuelles en place."

Quel est ton rôle dans l'organigramme de la section féminine ?

"Ma mission, c'est de connecter ces structures existantes pour que nous soyons tous ensemble, plus efficaces. En fin de saison, avec le recul d'un an, l'idée c'est de proposer un projet à long terme sur les années à venir. Une saison, ça peut paraître long pour analyser les choses mais pour un projet sur le long terme, ce n'est finalement pas grand chose. Mais je pense que l'intelligence première, c'est l'adaptation, l'analyse, pour ensuite construire le meilleur modèle à ce qu'il se fait ici."

Voir un jour une méthodologie commune à toutes les équipes, c'est possible ?

"Bien sûr. Sans l'avoir mis en place, c'est déjà quelque peu présent ici au FC Nantes parce que lorsqu’on entraîne ici, il y a des axes de travail qu'on ne prend pas puisqu'on est orienté par la culture et l'ADN du club. En regardant jouer les U11, les U13, les U15 et les U18, on peut déjà voir un socle commun dans le jeu. Pour l'heure, il n'y a rien de formaliser mais on veut dès l'année prochaine, avoir des principes communs, sur le terrain mais aussi et surtout sur l'accompagnement de la joueuse. Le développement de la personne, c'est aussi extrêmement important."

Justement, le Centre Éducatif Nantais pour Sportifs (CENS) et la section féminine du FCN travaillent aujourd'hui main dans la main. C'est une satisfaction ?

"Bien sûr, c'est ce qu'on espère. Aujourd'hui, c'est facile à dire mais on est au cœur du département où il y a le plus de licenciés en France. Notre vivier est énorme et l'idée, c'est de faire vivre ce dernier. On voit beaucoup de clubs se tourner vers les joueuses étrangères mais on a envie de se dire que c'est possible d'exister au haut niveau avec un maximum de joueuses du « cru ». Ça ne peut que renforcer le projet du club. Avoir cette identité, c'est essentiel parce qu'on sait que le meilleur des recrutements, c'est avoir une joueuse qui a cet amour du maillot."

Quel regard portes-tu sur ton binôme avec Tanguy Fétiveau ?

"Pour la petite histoire, j'ai connu Tanguy à Montpellier puisqu'il a effectué sa première année comme entraîneur là-bas et j'étais à ce moment-là, à la tête du centre de formation. Il est venu faire son stage pratique au moment de passer ses diplômes, pour être en charge de l'équipe U15, au sein de la préformation. Plus de dix ans après, c'est lui qui est revenu vers moi.
Beaucoup de personnes étaient sceptiques parce que très souvent, c'est difficile de travailler à deux. Au contraire, moi c'est plutôt ce qui m'a motivé. Je suis un homme de défis et de challenges, j’aime la difficulté. Tanguy est responsable de la section et il a la légitimité d'être entraîneur numéro un par rapport au vécu qu'il a avec le club. Ce qui m’intéressait, c'était de savoir si j'étais capable de me remettre en question, de modifier mes contenus d'entraînement, de m’exposer à la critique, de savoir prendre du recul. Aujourd'hui, ça se passe très bien. On se connaissait, et nous avons une formation et un vécu commun qui compte. Cette expérience nous fera grandir. "

Par M.G


Partenaires Principaux
Macron

Partenaires Officiels