''Marcus Coco a été exemplaire''

Nicolas-Pierre Bernot

Kinésithérapeute au FC Nantes, Nicolas-Pierre Bernot avait accepté de revenir début février, sur la blessure de Marcus Coco à Lille lors de la première journée de Championnat. Le travail fourni par le joueur et l’accompagnement mis en place au sein du Club durant plusieurs mois pour l’aider à revenir encore plus fort, il raconte.

Au côté du docteur Dauty, tu es rentré le premier pour aller constater la blessure de Marcus Coco sur la pelouse...

"On voit l’action de loin et sur le moment, on ne comprend pas trop, bien qu’on ait pu apercevoir un mouvement étrange de sa part. En s’approchant de Marcus, on se rend compte de sa douleur. Le test effectué sur le terrain est très rapide et immédiatement, on était sûr à 99,9% qu’il s’agit du diagnostic livré quelques jours plus tard. Au retour dans les vestiaires, on a essayé de limiter les dommages collatéraux, tout en rassurant Marcus qui avait vite compris."

Le verdict tombe : rupture du ligament croisé antérieur du genou gauche. Quels sont les temps forts du protocole de rééducation ?

"Avant l’opération, il y a eu une phase d’attente d’une dizaine de jours pour que ce soit fait dans de bonnes conditions. J’étais également présent à l’opération réalisée par le Docteur Huguet, chirurgien à Nantes pour évoquer avec lui ce qu’on allait pouvoir mettre en place. À la Jonelière, on a la structure médicale nécessaire pour suivre le joueur : du premier jour après l’opération, à la réintégration dans le groupe. Suite à l’opération, on s’est concentré sur la condition physique de Marcus et faciliter la cicatrisation. Cela correspond à la phase initiale. Ensuite, il y a la phase de reprise de course avec les premiers footings, puis une phase où on intègre petit à petit des appuis, des pivots, avant l’ultime phase dans laquelle il se trouve en ce moment, jusqu’à son retour progressif dans le groupe."

Comment vit-on cette période de grande proximité quotidienne avec le joueur blessé ?

"On crée des liens très forts parce qu’on se voit tous les jours, plusieurs fois par jour. Je le vois plus que ma femme (rires). Donc automatiquement, des liens se tissent. C’est essentiel et il faut réussir à dynamiser tout ça pour ne pas que le joueur se lasse. Ici, on est une équipe de cinq à six kinés et le fait de voir de nouveaux visages, ça l’aide à garder la motivation."

Une rééducation est-elle propre à chaque joueur ?

"Il y a la blessure principale mais il peut également y avoir d’autre petits dommages collatéraux. Ensuite, il y a des techniques opératoires différentes et la même technique peut être réalisée différemment selon le chirurgien qui opère. Enfin, il y a la capacité de récupération du joueur qui lui est propre. À tout cela, il faut ajouter de nombreux phénomènes extrinsèques (hygiène de vie, récupération, ...). Aucune rééducation n’est similaire."

Comment s’est comporté Marcus Coco dans son travail ?

"Il a fait preuve d’une grande motivation. Il ne s’est jamais lassé, avec un moral d’emblée très positif. Forcément, il y a des nuances d’implication durant cette longue période mais je tiens à dire qu’il a été exemplaire dans son comportement et son travail."

Par M.G