Jérôme, sapeur-pompier mobilisé

EN PREMIÈRE LIGNE

Membre de l'association de supporters "Canaris Sud 44", Jérôme Baudry, 41 ans, fait aujourd'hui face à la menace du Covid-19 à travers ses fonctions de sapeur-pompier volontaire au centre de secours de Vallet. Rencontre.

Chauffeur-livreur à temps plein en temps normal, Jérôme Baudry a vu son activité professionnelle être plus que réduite suite à la propagation du Covid-19 sur notre territoire. À l'arrêt total dans les premiers jours, celui qui réside aujourd'hui à Vallet a quelque peu repris le chemin du travail. "Je livre principalement des chantiers et beaucoup d'entreprises sont tributaires de l'approvisionnement du matériel de protection. Depuis trois semaines maintenant, je travaille une journée, une demi-journée par-ci, par-là, chaque semaine."

Ce n'est pas tout. Cet abonné du FC Nantes, tombé dans la marmite jaune et verte lorsqu'il était tout jeune au côté de son grand-père "dans les travées de Marcel-Saupin", est également sapeur-pompier volontaire. "Une vocation impossible à expliquer car personne dans ma famille n'était dans ce milieu", raconte celui qui est passé par la case des jeunes sapeurs-pompiers (JSP) et qui effectue actuellement, sa 24ème année comme sapeur-pompier volontaire.

Papa de deux enfants, dont l'aîné de 15 ans, également mordu de football, est lui aussi membre de "Canaris Sud 44", Jérôme vit actuellement davantage au rythme des interventions que des livraisons. Le tout, sous un respect strict et obligatoire du protocole. Au centre de secours de Vallet, au cœur du Vignoble nantais, les près de cinquante sapeurs-pompiers, tous volontaires, suivent à la lettre les réglementations imposées par l'État et rapportées par l'état-major du SDIS 44. "Toutes les réunions, les formations sont pour l'heure reportées et il n'y a plus de regroupement à la caserne", détaille un brin nostalgique, ce passionné. "À chaque tour de garde, une dizaine de sapeurs-pompiers volontaires sont mobilisés. Depuis chez nous, nous répondons aux sollicitations grâce à notre "bip" et nous nous rendons à la caserne, explique-t-il. À notre retour, il y a une désinfection obligatoire du véhicule. La cellule, qui correspond à l'arrière de l'ambulance, mais aussi l'habitacle du véhicule sont désinfectés. Ça prend un peu de temps mais c'est primordial de le faire."

S'il ne se considère pas vraiment en première ligne, terme qu'il réserve "aux membres du personnel hospitalier", Jérôme sait malgré tout qu'à n'importe quel moment et en intervention, il a la possibilité d'être exposé au virus. Même lors d'une intervention qui n'a pas au premier abord, de rapport avec une suspicion de Covid-19. "Concernant nos interventions actuelles, on a peut-être davantage d'interventions dites "d'été", "de vacances", liées au bricolage. Les gens ont plus de temps en étant chez eux et s'occupent. Malheureusement, certains se blessent."

Habitué à venir soutenir les Jaune et Vert, ce membre actif de "Canaris Sud 44" commence à trouver le temps long, sans match le week-end. "L'association, c'est comme une famille. Nous sommes proches les uns des autres. Actuellement, on ne se voit que par visio, raconte celui qui a été marqué par Emiliano Sala, lors de son passage dans la Cité des ducs. On prend sur soi et on patiente. L'essentiel, c'est que tout le monde soit en bonne santé. On aura bien le temps de se retrouver plus tard, quand tout ça sera terminé." Le rendez-vous est pris.

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Par M.G