''Très optimiste pour la saison à venir !''

Bertrand de Villiers

Fondateur et Président d’Alouette, Bertrand de Villiers a dû faire face avec ses collaborateurs, à la crise du Covid-19 qui a fortement impacté la radio aux 45 fréquences et dont le siège est situé aux Herbiers. La gestion de la pandémie, le déconfinement, le partenariat de longue date avec le FC Nantes et ses envies pour la saison prochaine, le chef d'entreprise se confie. Entretien.

Bonjour M. de Villiers, comment vous portez-vous, ainsi que vos proches et vos collaborateurs ?

Bertrand de Villiers : "Tout va bien, au sein de ma fratrie et de mon entreprise, merci. Il y a eu quelques cas de Covid-19 en périphérie de la radio mais rien au sein de cette dernière. Cela reste tout de même assez faible, à l'image de ce que le Grand-Ouest a pu connaître."

Aviez-vous anticipé cette crise sanitaire au sein de votre entreprise ?

"Oui, tout à fait. Nous avions un souvenir de la grippe H1N1 et nous avons même retrouvé des stocks de masques, aujourd'hui périmés. Un protocole à tout de suite été appliqué, sans réellement savoir ce qu'il allait se passer, dès la fin du mois de février. Après un premier stade, nous sommes très rapidement passés au deuxième, qui était celui du télétravail.
Dans notre cœur de métier, sauf pour nos commerciaux, il est possible de pratiquer le télétravail, notamment grâce à internet. Sur le plan du son, avec la haut débit voire la fibre, des animateurs et des journalistes ont pu travailler de chez eux. Il n'y a jamais eu plus de trois personnes simultanément dans nos studios et pourtant, nous possédons plus de 1000m2 de surface dans nos bâtiments, mais on a tout fait pour éviter que les gens se croisent. Nos 45 fréquences sont réparties sur 17 départements du Grand-Ouest et nous sommes tenus de les utiliser à bon escient. Nos confrères du service public, curieusement, ont plutôt diminué la part d'information locale et leur présence locale. D'ailleurs, les personnels s'en sont émus et ont protesté. De notre côté, en tant que radio de proximité, nous avons continué nos missions qui sont d'informer et de divertir, partout là où nous émettons."

Comment avez-vous géré votre grille de programmes ?

"Nous avons relocalisé, encore plus que d'habitude, nos programmes, de façon à donner les informations pratiques sur l'ensemble des départements couverts. Nous avons également continué à réaliser nos 80 flashs quotidiens, avec des décrochages par région, qui sont efficaces et qui permettent vraiment d'aller dans le détail. Sur le plan du divertissement, nous avons poursuivi nos jeux, nos envois de cadeaux en fonction des disponibilités de La Poste. De plus, de nombreux artistes sont venus nous rendre visite en visioconférence, de Clara Luciani qui était en Écosse, jusqu'à Christophe Maé présent depuis Marseille. Il y aussi eu Vianney, Zazie, Marc Lavoine, Bob Sinclar… que de grands artistes !"

Peut-être que, confinées chez elles, certaines personnes ont écouté davantage la radio ?

"Nous n'avons pas encore toutes les statistiques mais ce qui est sûr, c'est que nos écoutes digitales ont augmenté de plus de 30%. De manière générale, la radio est très écoutée lors des déplacements en voiture, surtout dans nos régions. Les gens n'allant plus au travail, sauf ceux "en première ligne", ils ont moins écouté la radio. Cette dernière est un peu le média du solitaire, qui accompagne le conducteur."

La radio Alouette s'est-elle davantage axée sur le numérique pendant le confinement ?

"On sait que pendant cette période, les gens se sont précipités sur leur smartphone, l'ordinateur ou la tablette pour passer le temps et ils étaient extrêmement actifs sur les réseaux sociaux. De notre côté, nous avons beaucoup travaillé sur Facebook, Instagram et même Linkedin. C'est un réseau social très important pour nous, commercialement parlant, car nous ne vivons que de la publicité."

Comment avez-vous abordé l'aspect de la solidarité vis-à-vis des personnes très mobilisées et notamment, du personnel soignant ?

"Nous avons mis en place des hommages aux soignants au quotidien, des témoignages d'artistes pour le personnel hospitalier. Comme beaucoup, il était important pour nous d'aider ces personnes en première ligne. Dans nos jeux, beaucoup de candidats étaient issus du milieu de la santé car ils allaient au travail en voiture et écoutaient leur radio.
On a également lancé une opération, à laquelle il fallait s'inscrire grâce à un SMS surtaxé. Toutes les recettes de ces taxes ont été offertes, en plus d'un don que nous avons effectué. En tout, 2500€ ont été remis aux Hôpitaux de France. Le gagnant de ce jeu, ira sur scène avec Tryo pour chanter "L'hymne de nos campagnes", lors de leur prochain concert. C'est vraiment le groupe à la fois vintage et "revival", dans l'ère du temps."

Et aujourd'hui, au sortir du déconfinement, qu'est-ce qui va changer ?

"L'investissement est le même que lors du confinement. Nous nous déconfinons très lentement car nous ne souhaitons pas avoir le moindre cas au sein de notre radio. Ce serait une catastrophe. Nous allons peut-être au-delà de ce qu'il faudrait faire mais je crois que tout le monde se montre prudent. Une première étape sera franchie le 2 juin prochain et les commerciaux pourront de nouveau se déplacer chez les clients, tout en respectant les gestes barrières. Mais a priori, jusqu'à fin juin, nous ferons preuve d'une grande prudence. Notre système actuel est bien en place et même si ce n'est pas la solution idéale, nous devons faire avec."

Le FC Nantes et Alouette, c'est un partenariat qui dure depuis de très nombreuses années maintenant…

"Alouette est née en 1981. Depuis cette année, la radio a toujours été partenaire du FC Nantes et ce, de plus ou moins près, en fonction de la politique commerciale du Club. Une telle longévité est possible parce que les dirigeants d'Alouette sont des passionnés de football !"

De nombreux acteurs Ă©conomiques, dont vous faites partie, soutiennent le FC Nantes. Soutenir le Club, pour vous, c'est une Ă©vidence ?

"C'est dans la difficulté que l'on reconnaît ses amis ! Nous ne sommes pas un partenaire majeur mais plutôt un partenaire média et aussi commercial, dans la mesure de nos moyens. C'est le cœur qui parle et c'est ce dernier qui continuera de parler. Il y a l'amour de football, incarné dans le FC Nantes. Nous sommes des partisans du Club, comme peuvent l'être certains fans anglais. On pardonne presque toutes les défaites et on célèbre les succès."

Quels sont vos souhaits pour la saison prochaine ?

"On croit beaucoup à la nouvelle saison qui se profile. Nous sommes ravis de voir que l'entraîneur en place va pouvoir poursuivre son travail, après avoir pris ses marques l'an passé. M. Gourcuff fait partie des grands entraîneurs français et c'est un très beau cadeau fait par le Président, Waldemar Kita, au Club ainsi qu'à ses supporters. Depuis plusieurs saisons, la défense est solide. Offensivement, c'est plus compliqué mais j'ai confiance et je suis très optimiste pour le prochain exercice."

Par M.G