29 octobre 2020

🎥 ''Voir mon équipe joueuse, solidaire et rigoureuse''

Christian Gourcuff

Samedi soir (21h), les Canaris accueillent le Paris Saint-Germain, pour le compte de la 9ème journée de Ligue 1 Uber Eats. Christian Gourcuff, fait le point avant ce rendez-vous face aux Champions de France en titre, en abordant également de nombreux sujets concernant l'actualité jaune et verte.



LE POINT SANTÉ

Christian GOURCUFF : "On a trois cas positifs à la Covid-19, qui sont Sébastien Corchia, Fabio et Andrei Girotto. Leur état de santé est bon et on espère pouvoir les récupérer en milieu de semaine prochaine. Concernant les retours, Kalifa Coulibaly est revenu aujourd’hui, avec un travail individuel après deux semaines d’arrêt et Jean-Kévin Augustin a repris cette semaine. Il avait déjà un retard donc c’est sûr que son interruption n’a pas arrangé les choses mais ça fait partie du temps qu’on se donne. Par ailleurs, Anthony Limbombe est toujours en convalescence et Nicolas Pallois sera quant à lui, suspendu.
Sinon, on a passé les tests Covid-19 ce jeudi et dans le contexte actuel, nous sommes toujours un peu plus méfiants car le virus circule. On va attendre ce soir pour être plus sûr de l’effectif à disposition.
Ce qui est plus embêtant, c’est qu’à partir du moment où il y a un cas qui est positif, il peut contaminer d’autres joueurs. Là, on le voit bien avec des joueurs comme Andrei (Girotto), Fabio ou Sébastien (Corchia) qui étaient proches au niveau des places dans le vestiaire. Ceux qui n’avaient pas été positifs lors de la préparation, le sont maintenant..."

LE POINT ADMINISTRATIF SUR LA COVID-19

"Sans en faire une polémique, je pense qu’on a été dépassé au niveau des règlements et d’un point de vue administratif. II faut se souvenir qu’au mois d’août, on a eu beaucoup de cas positifs et on a donc été handicapé dans la préparation et au début de la compétition. On a abordé le match de Bordeaux très diminué et à cette époque-là, l’interruption durait un mois lorsqu’on était touché par la Covid-19. Il fallait attendre 30 jours pour passer des tests cardiaques et c’est ce qui a été fait pour les premiers joueurs positifs. Aujourd’hui, on parle de 8 jours. Le règlement a évolué. Ensuite, il y a ce nouveau règlement qu’on a subi la semaine dernière à Lens (match reporté si 10 cas positifs sur une liste de 30 joueurs fournis à la LFP, ndlr). Personnellement, je ne trouve pas ça équitable. Tout dépend des joueurs touchés. Si six joueurs majeurs sont touchés, c’est plus handicapant que d’avoir dix joueurs positifs et qui sont moins souvent titularisés que les autres. Au niveau réglementaire, je ne sais pas si ça a été bien réfléchi. Autre chose, en ce qui nous concerne, on fait des tests à J-2, J-3 selon le calendrier. Mais il est possible qu’à trois heures d’une rencontre, des joueurs soient malades. Ça peut encore remettre en cause une éventuelle participation au match. Il y a beaucoup de flou mais il faut essayer de s’en accommoder."

UN CHAMPIONNAT DÉNATURÉ ?

"Évidemment. Mais ça a commencé la saison dernière avec un championnat dont le classement a été validé en cours de compétition. C’était une aberration sportive selon moi. Maintenant, on ne sait pas trop où on va et on ne maîtrise plus grand-chose quand même. Je conçois qu’il y ait des priorités sanitaires et que ce soit difficile mais je pense toujours qu’on ne s’est pas donné le délai nécessaire de réflexion."

LA POURSUITE DU CHAMPIONNAT

"Je ne sais pas si c’est une bonne chose ou pas. Je pense qu’il y a des gens qui sont beaucoup plus en difficulté donc c’est difficile à dire. À partir du moment où on joue à huis-clos, qu’on ne sort pas, c’est vrai que les risques majeurs de contamination sont faibles. Il y a toujours des risques mais on continue dans des conditions qui sont particulières.
Après, au niveau de la concentration, on n’est plus dans la compétition. Le week-end dernier, on a été à Lens pour ne pas jouer et revenir, puis reprendre l’entraînement, … Je suis d’accord pour dire que ce ne sont pas les conditions idéales pour pratiquer du sport. En théorie, il faut être serein et là, ce n’est pas le cas. Maintenant, il y a des aspects économiques en jeu. Aurais-je souhaité que ça s’arrête ? Je pense qu’on aurait dû se poser la question plus tôt. Dès le mois de mai, on aurait dû avoir une réflexion plus profonde parce qu’on connaissait le scénario qui allait se produire. Maintenant, on avance un peu au jour le jour."

UNE DÉFENSE DÉCIMÉE

"C’est handicapant d’avoir des joueurs en moins, encore plus lorsque ces derniers évoluent dans le même secteur de jeu. C’est pénalisant, oui."

MEHDI ABEID TITULAIRE ET EN DÉFENSE CENTRALE ?

"À ce que je sache, il n’a jamais évolué à ce poste-là. Mais c’était aussi le cas d’Andrei Girotto par le passé. Lors du match face à Nice et avec un cas de figure où il faut vite réagir, on essaye de voir les profils des uns et des autres. En général, on a des joueurs qui sont capables de jouer dans les deux registres. Et bizarrement, dans notre milieu de terrain, on a assez peu de profils de ce type, capables de reculer. Andrei (Girotto) a déjà reculé mais sur les profils de milieux qui peuvent reculer, il n’y a que Mehdi (Abeid) qui peut le faire de façon raisonnable. Après, c’est toujours une expérience et il n’y jamais de certitude. Quand on a une semaine pour bien se préparer, on le fait et on tire les conclusions. À Nice, c’était dans l’improvisation complète. Je pense qu’il peut occuper cette place de par sa rigueur, son souci du placement et sa capacité à défendre. Il est généreux dans ce domaine. Ce n’est pas le même poste mais quand on voit comment Andrei (Girotto) a pu rapidement s’acclimater… Ce n’est pas véritablement différent même si la notion de l’espace n’est pas la même. Mais je n’ai pas dit que Mehdi (Abeid) allait jouer (rires)."

LE MATCH FACE AU PARIS SG

"C’est toujours important d’avoir une équipe compétitive. On est à la recherche de points. Le Paris SG arrive et on va se préparer du mieux possible. J’attends d’avoir une équipe joueuse mais ça veut aussi dire, solidaire et rigoureuse. Ce sera une nécessité. On est ambitieux mais réaliste. Paris a connu un début de saison un peu difficile après une intersaison très particulière avec le Final 8 de la Ligue des Champions au mois d’août. Pour aborder le championnat, ce n’était certainement pas la meilleure manière possible. Ça explique une reprise difficile avec des résultats décevant pour le Paris SG. Après, ils se sont remis en ordre de marche et restent sur 8 victoires. C’est clair, net. Ils possèdent pratiquement deux équipes pour être performant en Ligue 1 et en Ligue des Champions."

NE PAS CHANGER DE SYSTÈME DE JEU

"C’est que je pense aussi. L’organisation c’est une chose mais ce n’est pas un match. Il y a toujours un rapport de force. On ne peut pas non plus dire qu’on va jouer l’attaque à tout-va. Sur un match, notamment face à Paris, on sait aussi qu’on va être amené à défendre et qu’on aura sûrement moins la possession que d’habitude. C’est comme ça. Il faut se préparer, sans modifier l’approche. L’organisation est au service du jeu."

L’ABSENCE POSSIBLE DE NEYMAR ?

"Ce serait prétentieux de dire que nous ne sommes pas contents de le voir blessé. On ne choisit pas mais c’est évident que sur le terrain, c’est un danger supplémentaire. Il y a tellement de qualité sur le terrain que ce n’est pas un handicap majeur non plus pour eux. Ils sont capables de faire face à de telles défections. Pour eux, c’est une péripétie."

MARQUINHOS AU MILIEU ?

"C’est marrant parce que vous me parliez de Mehdi Abeid tout à l’heure et là, c’est l’inverse. Il a montré qu’il était capable de jouer à ce poste. Après, l’entraîneur fait en fonction de l’effectif à disposition et de la complémentarité. Marquinhos peut jouer dans les deux secteurs, sans souci. Peu importe le système, il est une garantie de sérieux et d’équilibre. Je pense qu’avec les joueurs offensifs qu’ils possèdent, c’est important d’avoir quelqu’un qui sécurise ce secteur-là."

LE RÔLE DES MILIEUX DE TERRAIN

"Un milieu de terrain sans influence sur le jeu, c’est embêtant. Dans l’animation offensive et dans la structure de l’équipe, ce sont des joueurs privilégiés. Ça ne veut pas dire que les excentrés n’ont pas un rôle non plus mais ils ont davantage un rôle de détonateur."

DES JOUEURS PARISIENS QUI CONTESTENT TROP ?

"Lorsqu’il y une équipe qui techniquement est supérieure, beaucoup d’adversaires cherchent l’intimidation physique. Que les joueurs se plaignent de ça, c’est vieux comme le monde. Après, nous clairement, on ne jouera pas contre Paris avec l’intention de les intimider physiquement. On les respecte et ce n’est pas du tout notre façon de voir les choses. L’an passé, je m’étais plus plaint des fautes dès la perte de balle, commises par les joueurs parisiens. Des fautes d’antijeu, gênantes. Mais pour moi, il n’y a pas de problème. Après, que Neymar ait un comportement qui énerve, c’est possible mais ça ne justifie pas l’intimidation physique."

BATISTA MENDY

"Son absence avec le groupe professionnel est essentiellement liée à un problème contractuel. C’est aujourd’hui le gros problème de la formation des joueurs. Aujourd’hui, il y a des joueurs qui à 19 ans arrivent en fin de contrat. C’est aussi le problème réglementaire des premiers contrats professionnels qui ont une durée de trois ans. Je l’avais déjà souligné. Aujourd’hui, il y a aussi le jeu des agents. Mais je ne suis pas dans ces discussions-là. Je préfère le terrain.
Avec Batista (Mendy), il y a des discussions entre le joueur et le Club qui durent depuis plusieurs mois. Quand un joueur fait sa formation au Club et qu’il part au moment où il peut rendre un peu au Club, ça peut poser problème. Mais il n’y a pas qu’à Nantes que le cas se pose."



FC Nantes - Paris SG

9ème journée de Ligue 1 Uber Eats
Samedi 31 octobre 2020, 21h
Stade de La Beaujoire


Par M.G, J.J