17 novembre 2020

''Impliquer encore plus les jeunes dans leur projet''

Samuel Fenillat

Directeur du centre de formation, Samuel Fenillat décrypte comment l’Académie jaune et verte fait face à la crise liée à la Covid-19. Alors que toutes les formations ont vu la compétition être interrompue au moins jusqu’au 1er décembre prochain, pas question pour autant de se relâcher dans le travail. Entretien.

Samuel, après deux mois de championnat, les compétitions ont été momentanément stoppées. Comment l’Académie du FC Nantes a-t-elle réagi à cette annonce ?

Samuel FENILLAT : "On s’adapte (il sourit). Il y a un contexte sanitaire particulier, une situation exceptionnelle donc ça demande d’être pragmatique. Je pense qu’il y a toujours un peu de frustration pour les joueurs et la difficulté, c’est de continuer à bien travailler sans avoir de compétition le week-end. Dans un premier temps, cette nouvelle a pu poser problème mais on a cette fois-ci la chance de pouvoir continuer à s’entraîner. Il ne faut pas oublier qu’il y a beaucoup d’actifs aujourd’hui qui ne vont plus travailler et qui doivent rester confinés chez eux. Ce n’est pas notre cas et on mesure la chance que l'on a."

De quelle manière procédez-vous justement, pour garder les jeunes concernés ?

"On reste sur un calendrier classique avec la semaine d’entraînement, tout en essayant de remplacer les matches de championnat du week-end par des rencontres en interne, de manière à maintenir une certaine forme de compétition entre les joueurs. L’idée, c’est de jouer sur les différentes catégories, de parfois mélanger les équipes et de mettre en place des statistiques concernant notamment les matches remportés. Cet esprit de compétition est important, bien qu’on soit toujours dans une philosophie de formation. Les deux sont liés et on n’oppose pas formation et compétition. C’est global. Quand on joue, qu’on se prépare et qu’on s’entraîne, c’est pour être prêt le jour J, chaque week-end."

Quid des sessions d’entraînement ? Sont-elles adaptées à cet enchaînement de séances sans compétition ?

"Quand je dis qu’il faut être imaginatif, ça fait partie aussi de cette réflexion. Le fait qu’aujourd’hui il n’y ait pas directement la pression du match du week-end, on a essayé de mettre en place des choses qu’on n’a pas l’habitude de faire lors d’une période traditionnelle. Aujourd’hui, parfois les jeunes viennent faire leur séance et subissent un peu. On aimerait qu’ils soient un peu plus actifs et ça passe par une construction de leur part des séances. En fonction du jour, de la thématique, on peut donner à plusieurs joueurs la responsabilité et la mise en place. Ça permet ainsi d’avoir une approche du jeu quelque peu différente que lorsqu’ils sont "seulement" joueurs. C’est intéressant parce que souvent, on dit que les très bons joueurs pourront devenir de très bons éducateurs aussi. C’est donc l’occasion de voir comment certains pensent les séances, de voir aussi les personnalités des uns et des autres vis-à-vis des coéquipiers. Il y a plein de choses à ressortir."

Dans une année de formation, chaque mois compte. L’idée aujourd’hui, c’est de ne pas perdre de temps non plus…

"Oui et aujourd’hui, on souhaite se préparer du mieux possible à la reprise des championnats, le jour où ça reprendra. L’objectif principal de cette période, c’est celui-ci. Et comme dit un peu plus haut, il faut aussi que les jeunes continuent de s’approprier encore un peu plus les séances, leur projet, avec de nouvelles manières de fonctionner pour qu’ils comprennent davantage pourquoi ils font certaines choses."

Quel regard portes-tu l’état d’esprit affiché par les différents groupes de l’Académie depuis le début du confinement ?

"Lorsque ce dernier a été annoncé, la plupart des joueurs étaient en vacances. Aujourd’hui, ça ne fait que deux semaines que l’on travaille de la sorte, sans compétition le week-end donc je pense que les jeunes n’ont pas été usés par le temps de ce nouveau confinement. C’est sur la durée qu’on verra comment les joueurs évoluent. Aujourd’hui, on ne se fait pas trop d’illusions quant à une éventuelle reprise avant les fêtes de Noël et donc l’idée, c’est de continuer à bien travailler jusqu’à cette période. Si on a la chance de pouvoir jouer le week-end avec des clubs professionnels à proximité, ce sera déjà un moindre mal. Concernant le terrain, tout le monde est encore dedans et ça se passe bien. Aujourd’hui, l’école en présentiel continue également pour les jeunes et c’est important qu’ils puissent rester concernés. Ça ne bouleverse pas l’équilibre du quotidien."

Par M.G