04 décembre 2020

🎥 ''Basculer dans une dynamique positive''

Christian Gourcuff

Dimanche après-midi (17h), les Canaris accueillent le RC Strasbourg pour le compte de la 13ème journée de Ligue 1 Uber Eats. Christian Gourcuff fait le point avant ce rendez-vous face aux Strasbourgeois. L'entraîneur du FC Nantes est notamment revenu sur les derniers résultats de son équipe, la situation au classement, l'agenda des Jaunes et Vert ainsi que de nombreux autres sujets de l'actualité ! Tour d'horizon.



LE POINT SANTÉ

Christian GOURCUFF : "Kalifa Coulibaly s’est arrêté durant la séance d’hier (élongation). Je pense que c’est fini pour lui sur l’année civile. Charles Traoré est revenu mais il est en reprise individuelle suite à son infection à la Covid-19."

JEAN-KÉVIN AUGUSTIN

"On a décidé, afin qu’il retrouve une forme physique qui soit acceptable, de le sortir de l’entraînement collectif. Il suit, cette semaine et la semaine prochaine, une préparation collective avec Cyril Moine (préparateur physique). On l’avait intégré au groupe mais on a vu que ce n’était pas suffisant. On a donc adopté cette stratégie. Pour l’heure, je ne peux pas dire la date de sa disponibilité. On pensait que ce serait plus rapide mais après le bilan qui a été dréssé, on ne pouvait pas continuer comme ça. À un moment donné, il faut prendre des décisions et je pense que son absence de préparation depuis très longtemps le pénalise vraiment sur le plan physique. Il ne peut pas être compétitif dans ces conditions."

DE LA PRESSION SUPPLÉMENTAIRE POUR DIMANCHE APRÈS LES DERNIERS RÉSULTATS ?

"La pression ? On l’a depuis le départ parce qu’on n’a jamais été dans une situation favorable. Comme on n’arrive pas à s’extraire de cette situation, c’est pesant pour tout le monde. C’est une évidence. La semaine passée, on aurait pu rebondir sur le plan comptable mais ça n’a pas été le cas. Aujourd’hui, on se retrouve dans une situation précaire avec des futurs adversaires qui sont concernés comme nous, par le maintien : Strasbourg, Dijon puis Reims. Ce championnat, c’est une histoire de dynamique et il y a des formations qui se sont mises dans de mauvaises situations et qui n’arrivent pas à s’en extraire."

LE MATCH DE MARSEILLE

"L’analyse à froid ne change pas vraiment de ce que j’ai dit à chaud même si j’avais l’impression, au coup de sifflet final, qu’on était très loin les uns des autres dans l’organisation. Alors qu'après avoir revu le match, ce n’était pas le cas. Sauf qu’il y avait une telle passivité qu’on n’a jamais su gêner cette équipe marseillaise. Je pense que le premier but vient aussi changer la donne même s’il reste 88 minutes ensuite. On avait les mêmes intentions qu’en février dernier (succès 3-1 au Vélodrome) mais cette fois-ci, le rendu n’a pas du tout été identique..."

MODIFIER LES CHOSES POUR REBONDIR ?

"On est toujours confronté à ça pour aligner la meilleure équipe possible. La semaine dernière, il y a eu une rotation de joueurs. On me reprochait de ne pas faire mes changements. Là, à chaque fois j’en ai fait cinq, voire même certains en début de match. On avait trois matches en six jours et l’objectif c’était d’afficher l’effectif le plus compétitif. Ça n’a pas eu l’effet escompté, notamment sur le plan comptable. Chaque match a sa vérité. Lorsqu’on fait notre analyse, ça se termine par un échec tactique mais c’est d’abord une question de disponibilité, d’état d’esprit et c’est ce qui nous plombe. C’est ce qu’il faut retrouver. Faire ce constat à plusieurs reprises et le répéter, ça fatigue tout le monde. Les joueurs l’entendent, nous on le répète. C’est une question de force mentale. La capacité de chacun à pouvoir se remettre en cause fait aussi des différences. Même si le collectif est primordial, il vit aussi à partir des investissements individuels."

UNE ÉQUIPE "TROP BELLE" DANS LE JEU ?

"Chacun, en fonction de sa sensibilité cherche des solutions. Mais savoir défendre, c’est impératif. Surtout lorsque l’équipe veut jouer. Ça fait partie des fondamentaux et dans tout ce que ça concerne : le comportement individuel, l’investissement, … C’est ce qui, en premier lieu, nous a fait défaut à Marseille. Plus d’implication défensive de tous ? Ça, c’est vrai. Mais par exemple, les buts encaissés à Marseille viennent sur des actions où l’équipe est défaillante individuellement. Ce n’était pas collectif."

DE L’INQUIÉTUDE ?

"Il n’est pas question d’abdiquer. Bien sûr qu’on aspire à autre chose. La préoccupation est légitime et même saine, je pense. On fait de la compétition et je connais les enjeux, le fonctionnement. Le plaisir pris dans ces moments-là est très réduit."

LE GROUPE PEUT-IL DONNER PLUS ?

"Pas que pour nous mais je crois et comme j’ai pu le dire, ce championnat est une affaire de dynamique. Il y a des équipes qui ont pris confiance. On voit une formation comme Reims, très solide l’an passé, qui a perdu cette constance aujourd’hui.
Nous, notre caractéristique, c’est l’inconstance et c’est ce qui nous empêche principalement de prendre des points alors qu’on arrive à faire de jolies séquences. Si on prend tous les matches, il y a toujours des moments intéressants. Et dès qu’on est confronté à une difficulté, on a du mal à faire face. En mettant tout de suite en confiance l’adversaire, comme à Marseille avec ce but trop rapide, c’est compliqué.
Face à Paris, on a fait une première mi-temps intéressante, avant de s’écrouler. Cette fragilité, elle est déjà sur le terrain mais que traduit-elle ? On n’a pas de certitude… Ce qui est sûr, c’est qu’on n’a jamais fait un match plein, avec toujours des périodes défaillantes."

QUE PENSER EN TANT QUE COACH DANS CE CONTEXTE ?

"On ne peut pas tout ramener aux résultats mais ils traduisent quelque chose à un instant précis. Ma préoccupation, c’est d’enclencher cette dynamique et cette constance qui pourraient permettre de voir toutes les qualités de l’effectif. On n’a pas eu un match ou durant 90 minutes, on a affiché tout du long, de la constance."

PAS DE CAPACITÉ DE RÉVOLTE ?

"Je prends le match de Saint-Étienne où on est mené 2-0 et on revient. Face à Lorient, on est moins bien mais avec l’entrée de Kader (Bamba) on fait la différence. Il y des moments où on est capable de mettre ce dynamisme dans le jeu."

LE CLASSEMENT ACTUEL

"Notre préoccupation majeure, c’est de prendre les points. Sans pouvoir se donner de l’air, on regarde un peu derrière forcément. Les résultats des adversaires ? On ne peut pas agir là-dessus et ce n’est pas une obsession. Il faut se préoccuper de nous pour avancer. Je pense que dans ce championnat, les écarts entre les équipes ne sont pas significatifs. Nîmes avait aussi fait une bonne impression contre nous, Dijon a battu Nice et devait aussi battre Lens, Metz mais ne l'a pas fait. Rien d’étonnant de voir que lorsque ça tourne dans le bon sens, c’est mieux. À nous de faire en sorte qu’on bascule dans cette dynamique positive."

LE MOMENT IDÉAL POUR S’IMPOSER AVEC CETTE PÉRIODE ?

"Avant aussi ça l'était… Crucial ? Il reste encore de nombreux matches et on ne joue pas tout sur une rencontre. La semaine passée, il y avait la réception de Metz, le match à Lens et celui de Marseille… On avait comme objectif de se donner de l’air mais on n’a pas su le faire."

UNE COUPE DE FRANCE EN SUSPENS…

"La Coupe, avec des matches rapprochés, c’est favorable pour des équipes sereines. Lorsqu’il y a des équipes qui jouent le maintien, où alors concernées par l’Europe, la préoccupation est autre.
Ce qui est intéressant en Coupe, c’est d’aller au bout. Le premier tour, il faut éviter la crise. Après, les autres tours n’apportent pas grand-chose mais pour le Club, le public, le plus intéressant c’est de gagner.
Aujourd’hui, les clubs amateurs sont déjà à l’arrêt. Je ne vois pas comment elle pourrait se dérouler avec un calendrier déjà démentiel pour les équipes européennes. Caler des rencontres, avec un décalage dès le mois de janvier, je ne vois pas comment on peut le faire du moins sur le plan pratique. Il faut être réaliste : comment fait-on ? On vit une situation exceptionnelle… Il faut avoir une réflexion sur comment s’organiser."

LES EFFORTS FOURNIS

"Si on fait des prestations comme à Marseille, c’est qu’on court mal durant la rencontre. Concernant les statistiques athlétiques, il y a très peu d’écart entre un adversaire et un autre. Nos statistiques face à Marseille, sont presque identiques de celles faites par l’OM. La différence, c’est le timing et la spontanéité dans les courses. En général, quand c’est mal fait, on fait plus. Les statistiques athlétiques ne reflètent jamais la pertinence. Concernant le match de Marseille, on a toujours été en retard et ça implique des courses qu’on finit par payer."

LE LIMOGEAGE DE PATRICK VIEIRA

"Je ne suis pas surpris du monde dans lequel on évolue. Je pense que Patrick Vieira ne l’est pas non plus. Il y a deux aspects là-dedans : quand on choisit un entraîneur, on doit savoir comment il travaille. La responsabilité des dirigeants est alors engagée. Ensuite, on peut très bien travailler mais ça ne se passe pas bien. Si on veut faire quelque chose, on ne va pas changer l’équipe complète, donc on change d’entraîneur. Ce sont des choses qui sont sans doute arrivées à Nice et qui peuvent arriver ailleurs. Après, je ne sais pas comment il travaille au quotidien. C’était une personne très agréable, très correcte."

UNE ÉQUIPE DU FC NANTES QUI PROGRESSE DEPUIS VOTRE ARRIVÉE ?

"Oui, l’an passé, avec des joueurs qui se sont révélés. Mais si on prend maintenant des joueurs qui sont aujourd'hui des cadres et qui se sont révélés l’année dernière, ces derniers n’ont pas progressé sur cette partie de saison. Et c’est peut-être là le problème. J’aimerais bien avoir des joueurs à leur meilleur niveau aujourd’hui et le collectif en a besoin, c’est une évidence. Je ne vais pas faire le tour de l’équipe parce que ce n’est pas mon rôle mais c’est sûr que ça rend l’équipe plus vulnérable. Les raisons ? Ce n’est pas global, chaque cas est particulier."

LE RC STRASBOURG

"Ça fait un moment qu’ils sont en bas du classement et je pense que ça, ils l’ont intégré. Ils savent très bien qu’ils jouent le maintien. Leur effectif est solide et c’est pour ça que je dis qu’il n’y a pas d’écart entre les effectifs d’au moins 15 équipes de Ligue 1. Strasbourg est une formation qui n’est pas résignée. J’ai vu le match face à Rennes. S’ils terminent à onze, je pense qu’ils prennent les trois points. Ils possèdent aussi une dimension athlétique au-dessus de la moyenne."

LES CLUBS FRANÇAIS EN COUPE D’EUROPE

"Il y a un constat et ça aurait pu être pire. On ne peut pas généraliser les choses. Mais ce qui est certain, c’est que jouer la Ligue Europa pour faire ça, ça plombe. Je pense d’ailleurs que Patrick Vieira est peut-être plombé par ça. Il y a eu une surcharge qui n’apporte rien. Je pense que Reims a bien fait d’être éliminé avant pour leur éviter tout ça. Que Lille soit qualifié, ça ne me surprend pas du tout. Cette équipe est bien lancée en championnat.
Après, la Ligue des Champions, c’est autre chose. Déjà parce que les matches sont le mardi ou le mercredi donc c’est moins pénalisant que le jeudi. Le Paris SG, même en étant moins serein, possède un effectif capable de faire une performance comme celle de mercredi."

LE DÉCÈS DE VALÉRY GISCARD D’ESTAING

"Je vais retenir une anecdote. On était à Clermont, avec Lorient en Ligue 2, je pense que c’est en 2004. On fait un très bon match, avec un football qui je pense, était assez particulier. À la fin de la rencontre, son chauffeur est venu me chercher car M. Giscard d’Estaing souhaitait me voir. Il m’attendait dans sa voiture et a tenu me féliciter pour le jeu pratiqué. Je ne le connais pas plus que ça mais dans le contact que j’avais avec lui, il s’est montré d’une grande simplicité, d’une grande finesse dans l’analyse du jeu et sa capacité d’apprécier ce qu’on avait proposé. Ça m’avait beaucoup touché.
À l’époque, on n’était pas dans la com’ mais sûrement davantage dans la vérité. Je ne veux pas passer pour un vieux con (sic) mais il y avait un peu plus de simplicité, de normalité."



FC Nantes - RC Strasbourg

13ème journée de Ligue 1 Uber Eats
Dimanche 6 décembre 2020, 15h
Stade de La Beaujoire


Par M.G, J.J


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