05 février 2021

🎥 ''Tenter des choses, c'est essentiel''

Raymond Domenech

Vendredi midi, l'entraîneur du FC Nantes, Raymond Domenech s'est présenté face aux médias avant la rencontre de dimanche après-midi (17h), face au LOSC. Le technicien jaune et vert est notamment revenu sur le bon état d'esprit et le jeu proposé dans le Forez, mercredi soir (1-1). Selon lui, l'équipe doit continuer à oser, ne plus subir et aller de l'avant. À commencer par ce rendez-vous face à l'actuel leader du championnat.



LE POINT SANTÉ

Raymond DOMENECH : "II n’y a pas de souci particulier, tout le monde est là à part Kalifa (Coulibaly), touché à la cuisse hier à l’entraînement. On espère que ce n’est pas trop profond."

KADER BAMBA

"Il n’était pas dans le groupe des 20 joueurs retenus mais il a toujours fait partie du groupe professionnel. Il n’y a aucun problème, juste un choix du moment avec un turn-over avec l’ensemble des joueurs. Un transfert avorté vers Amiens ? Je ne sais pas ce qu’il s’est passé. Pour moi, il fait partie du groupe. Je n’ai pas à intervenir là-dessus. Je compte sur lui comme les autres et il ne m’a pas du tout fait part de son envie de partir."

DE LA SATISFACTION MALGRÉ TOUT, APRÈS SAINTÉ ?

"Retenir le positif, c’est ma théorie depuis que je suis arrivé ici. Oui, il y a des côtés positifs et cette équipe construit des choses et arrive de mieux en mieux à s’exprimer, à montrer quelque chose. Ça me paraît être le plus important et il faut se détacher de la situation comptable, tout en ayant bien à l'esprit notre situation. C’est à travers la qualité de ce qu’on va faire sur le terrain, qu’on parviendra à s’en sortir. Il y a de la satisfaction sur ce match-là même si elle est teintée de la frustration de ne pas avoir gagné. C’est de la bonne frustration. On se dit qu’il y a quelque chose sur laquelle on peut s’appuyer et ça, c’est important. À l’issue du match, c’est la frustration qui dominait. Après, on a regardé le match, on en a discuté ensemble. On garde le positif et on balaie la frustration."

LE BUT DANS LE JEU

"Sur cette réalisation, il y a de la confiance entre les joueurs. Parce qu’il faut que chacun se déplace en fonction des autres et anticipe. Et anticiper, c’est avoir confiance. Quand on n’anticipe pas, on a un peu peur que ça rate. Donc on reste en-dedans."

GÉRER L’ENCHAÎNEMENT DES RENCONTRES

"On a 24, 25 joueurs et il faut intégrer tout le monde, garder tout le monde sous pression chacun qu’on peut avoir besoin de chacun d’entre eux. On essaie de tourner un peu et il y a ce match de Coupe de France mercredi qui va permettre de faire souffler quelques joueurs. On gère ça normalement."

LA SUSPENSION DE NICOLAS PALLOIS

"Elle était prévue. Il a pris un premier carton jaune, qui lui infligeait une suspension automatique pour trois avertissements en moins de dix journées, puis il a pris ce deuxième carton jaune qui amène un carton rouge et donc une nouvelle suspension."

UN BLOC DÉFENSIF PLUS HAUT À SAINT-ÉTIENNE

"Ça a été efficace mais le fait de jouer plus haut n’a rien à voir avec la présence ou l’absence de Nicolas Pallois. On a vu ensemble des séquences en vidéo où parfois, nous étions cinq à rester derrière. Donc tout le bloc est monté d’un cran et ça permet de venir soutenir les autres joueurs."

RÉPÉTER ÇA FACE À LILLE ?

"Ce qui est sûr, c’est que reculer et subir, on sait où ça nous mène. Il faut exister dans ce match-là. Lille est une équipe performante, solide, usante et qui pose des problèmes à tout le monde. L’idée, c’est qu’en sortant de cette rencontre on puisse affirmer : "On a fait quelque chose". On sait que Monaco, Lille, Paris, Lyon,… ce n’est pas là qu’on joue notre championnat. Alors c’est bien si on peut prendre des points mais la réalité de notre championnat ne se situe pas dans ces rencontres. Il faut construire quelque chose et continuer à garder cet espoir qu’on s’améliore en permanence. Attention, ça ne veut pas dire qu’on ne jouera pas. Au contraire !
Lille, la meilleure équipe ? Aujourd’hui, dans la solidité et dans l’organisation, Lille est sous doute la meilleure formation avec Monaco. Paris, a des côtés plus individualistes et des joueurs de très haut niveau. Ils peuvent battre n’importe qui. Lyon peut aussi battre n’importe qui mais est aussi capable d’avoir des trous dans une rencontre. Lille, a cette solidité d’une vraie équipe de Coupe d’Europe."

LE REPOSITIONNEMENT DE SÉBASTIEN CORCHIA

"Ça a été très intéressant et ça a bien fonctionné. Mais ça peut aussi fonctionner avec d’autres joueurs. Ce qui a changé, c’est notre envie d’aller chercher plus haut et de ne pas subir. Après, tous les joueurs qui ont joué aussi ici d’habitude pourraient retrouver quelque chose dans le même registre. Mais effectivement, c’était plutôt positif."

TENIR UN PRESSING CONSTANT, C’EST PHYSIQUE ?

"C’est sûr qu’il faut être bien physiquement pour l’assurer durant quatre-vingt-dix minutes. Les matches à répétition font que ça devient plus compliqué. Mais l’idée, c’est de garder cette capacité à y aller sur des séquences, pour aussi avoir l’énergie nécessaire en fin de match."

UN SYSTÈME DE JEU INTÉRESSANT

"Oui. Mais l’idée de jouer plus haut et de ne pas subir, c’est dans la tête. Tout le groupe peut le faire mais on ne subit pas. Quoiqu’il arrive, on peut prendre des buts sur des contres, oui on peut être dominé par l’adversaire mais au moins on a tenté des choses et on a essayé de poser des problèmes à l’adversaire. Pour moi, ça me paraît essentiel. Sur les premiers matches, il fallait se reconstruire avec des restrictions sur la position du bloc qui faisaient qu’on ne voulait pas prendre de but. Mais on se rend compte qu’il y a les coups de pied arrêtés. Un déclic dans le jeu ? Le déclic, on le sait après et que si on parvient à enchaîner. C’est la continuité qui nous fera nous servir de référence de ce match-là. Mais j'estime que le vrai déclic, c’était face à Monaco. Car cette rencontre nous a mis devant nos responsabilités, notre réalité. Et ça a aussi été un vrai déclic."

LES PHASES ARRÊTÉES

"Oui, on peut travailler sur ça. J’ai montré les images. On peut faire tout ce qu’on veut, il y a des matches qui se gagnent ou qui se perdent là-dessus. J’ai vu Monaco battre Marseille sur trois buts marqués lors des coups de pied arrêtés. C’est un point fort. Nous concernant, il faut travailler. Mais là, le travail, c’est de la concentration. L’observation des équipes adverses a été faite et donc on sait comment se déplacer. Mais encore fois, ce qui va arriver… le but encaissé mercredi, c’est une déviation au premier poteau, qui arrive dans le paquet. On peut travailler mais il y a aura toujours des buts sur ces phases arrêtées."

L’EFFICACITÉ OFFENSIVE

"Depuis un moment, on a travaillé les combinaisons et celle du but, c’est un modèle de ce qu’on doit essayer de reproduire. On a eu d’autres séquences, avec des mouvements coordonnés. L’animation offensive, c’est ça ou les raids solitaires de temps en temps. Mais le jeu qu’on doit mettre en place, c’est ce qu’on a vu sur le but mercredi. Tentons de répéter ces actions. On sait qu’on en est capable. Lille n’est pas l’équipe idéale pour ça mais il faut rester dans cette idée."

DES POSSIBILITÉS FACE À LILLE ?

"Quand on joue des équipes du niveau européen, il faut mettre chacune de nos occasions. Derrière, c’est tellement proche qu’on sait ce qu’il peut se passer. Il va falloir être efficace. Mais jusqu’à la fin du temps additionnel, il faudra s’accrocher même si on a pu en rater une ou deux. On se dit qu’il y en aura toujours jusqu’au bout."

SEULEMENT DEUX ÉQUIPES ONT FAIT TOMBER LE LOSC...

"Oui, notamment Brest. Je me souviens bien de ce match parce que c’était l’époque où je regardais tous les matches. Maintenant, je regarde surtout les nôtres (il sourit). Brest menait même 3-0, avant de voir Lille revenir juste avant la mi-temps. Ensuite, ils ont failli se faire remontrer pour finalement finir à 3-2. Mais c’est vrai qu’ils étaient rentrés comme il le fallait dans cette rencontre. C’est un exemple."

L’ENTAME DE MATCH

"Dès la première action mercredi, alors qu’on a l’engagement, on arrive à rendre le ballon qui amène une touche, puis un centre au deuxième poteau et on a failli prendre un but. Ce n’était pas encore ça. Quelque part, il manque encore cette maîtrise du ballon. On savait qu’ils allaient venir nous presser et on a préféré être sur le reculoir. Ce n’est pas une question de concertation parce qu’on savait. Mais on s’est mis dans la situation inverse que celle prévue."

LES DROITS TV

"On ne peut pas dire que ce soit une nouvelle exceptionnelle car le football français perd une grosse partie de ses droits TV. C’est la solution qui permet de continuer d’exister et de rester visible mais ce n’est pas une solution qui sauve les clubs. Les clubs en difficulté ne vont pas être sauvés par cette décision, c’est évident. Une baisse des revenus ? Les revenus touchés vont permettre aux clubs de sauver la saison. Pour beaucoup, ça va être le cas. La suite sera plus compliquée s’il n’y a pas quelque chose qui se passe.
Sur ce dossier des droits TV, on est passé de l’euphorie à la catastrophe en quelques mois. Mais c’est l’association de plusieurs facteurs qui a établi cette situation, dont la Covid-19. Parce qu’avec des spectateurs dans les stades, le problème ne serait pas tout à fait le même. Et ça, personne ne pouvait le prédire et c’est ce qui a entraîné tout le reste. Après, c’est la loi du commerce. En situation de faiblesse, on subit."

LES SUPPORTERS

"Je le dis depuis le début, notre travail c’est de montrer aux supporters que l’équipe veut faire quelque chose, qu’elle va se remettre en place, qu’elle va prouver et qu’elle va jouer pour offrir du spectacle. Aujourd’hui, on a envie que ce club se porte bien."

LE CALENDRIER

"Chaque match vaut trois points. Faire son programme pour avoir X points, ça ne sert à rien. Les adversaires veulent aussi des points. Chaque journée livre ses vérités. Et en fonction des résultats, on tirera des conclusions sur ce qui est en place et ce qu’on devra faire le match d’après. Ça ne sert à rien d’extrapoler des possibilités de points. L’objectif, c’est d’être le mieux classé possible à l’issue de la saison."

DES RÊVES DE VICTOIRE ?

"Ça m’arrive d’en rêver oui, c’est vrai. Il ne faudra pas qu’une seule victoire mais bien plusieurs pour entamer cette remontée."




FC Nantes - LOSC

24ème journée de Ligue 1 Uber Eats
Dimanche 7 février 2021, 17h
Stade de La Beaujoire


Par M.G & J.J