24 mars 2023

Fabien Centonze, la confiance retrouvée !

Groupe Pro

Marqué par les pépins physiques de ces derniers mois au point d’avoir profondément douté, Fabien Centonze (27 ans) est à nouveau épanoui sur les terrains. Une notion de plaisir et un retour en grâce sur le plan athlétique qui lui permettent aujourd’hui de répondre d’enchaîner les titularisations au sein de l’effectif jaune et vert. Arrivé sur le tard à la mi-septembre en provenance du FC Metz, celui qui s’est engagé pour les cinq prochaines saisons avec le FC Nantes est désormais pleinement inscrit dans ce nouveau projet sur les rives de l’Erdre. Ses performances n'ont d'ailleurs pas échappé aux supporters nantais qui l'ont élu "Canari du Mois by ILIANE", en février, le mois du marathon. Tout un symbole. Rencontre.

Fabien, de cette toute première séance à l’âge de 6 ans du côté de Rives (Isère) jusqu’au FC Nantes, il s’en est passé des choses ! Et ce n’était pas gagné…

Fabien CENTONZE : "J’ai participé à mon premier entraînement à Rives, uniquement parce que mon grand-frère voulait faire du football. J’ai voulu l’accompagner parce que c’était mon exemple. C’est d’ailleurs encore le cas et j’essaie toujours de faire un peu comme lui. Seulement voilà, je n’ai même pas fini la séance. Je me suis mis à pleurer, je n’aimais pas ça, il y avait trop de monde. Bref, je n’ai pas aimé du tout ! Pendant un an, je n’ai plus touché un ballon. J’accompagnais tout de même mes parents aux matches de mon frère le dimanche. Finalement, j’ai quand même décidé de me relancer et c’était bien mieux que la première fois."

Finalement tu as eu raison de persévérer ! Parle-nous du match « de ta vie » entre le Vourey Sport et le Grenoble Foot 38, alors que tu n’as pas 10 ans…

"On jouait au niveau excellence à cette période. J’étais dans les rangs du Vourey Sport et c’était le "match de ma vie " parce que Grenoble, c’était le club phare de la région, qui faisait envie à énormément de jeunes joueurs. J’étais motivé et étant surclassé d’une catégorie, je jouais avec mon frère. Je crois que le score final était de 8 à 6 et j’avais dû en marquer trois ou quatre. C’est ce qui m’a propulsé parce que Grenoble m’a demandé de faire une détection. Mais moi, je ne voulais pas. Je jouais pour jouer avec mon frère, pour le plaisir et je n’avais pas conscience des enjeux. Mes parents, par la suite, m’ont fait réaliser qu’il fallait que je tente le coup et j’ai été à l’écoute de leurs conseils. Merci papa et maman (il sourit)."

''Je ne remercierai jamais assez mes parents pour tous les sacrifices réalisés''

Intégrer le Grenoble Foot 38, ce fut un déclic pour toi, avec aussi des sacrifices importants à réaliser !

"Je suis parti jeune, vers 10 ans, et ça a été dur pour moi dans un premier temps. J’avais déjà l’impression qu’on basculait dans un autre football. Il n’y avait plus ce plaisir que j’avais avant, en jouant avec mes amis. C’était différent même à cet âge-là. Les parents étaient beaucoup derrière leurs enfants et donc ça mettait une pression, une concurrence aussi. Ça me perturbait parce que moi, je ne pratiquais pas le foot pour vivre ça. Bien sûr, j’ai vite compris ensuite que si on voulait accéder au haut niveau, il fallait passer par ces moments-là."

Après six années à Grenoble, direction la Haute-Savoie et Évian Thonon Gaillard (2011), club qui évoluait alors dans l’élite. Avec à la clé, une adaptation éclair !

"J’ai été amené à partir effectivement, après le dépôt de Grenoble (2011). Ce n’était pas mon souhait. J’avais aussi des ambitions pour découvrir le plus haut niveau. Je me souviens avoir eu l’opportunité de rencontrer mon futur coach chez les U17 à Évian, lors d’un Grenoble – Auxerre (défaite 7-1 !). Il est venu me voir et m’a demandé si je voulais venir faire des essais avec eux. C’était une vraie opportunité pour moi. J’y suis allé, tout s’est très bien passé. J’ai fait une très bonne saison (2011-2012) avant de récidiver l’année suivante avec les U19 (2012-2013, 16-17 buts marqués). Il ne faut pas oublier que j’évoluais milieu excentré ou attaquant à cette époque-là."

Si on Ă©voque ensemble cette date du 31 juillet 2015, quels souvenirs ressurgissent ?

"Les Costières, à Nîmes ? Oui ! Tout ça s’est fait assez bizarrement. À l’été 2014 j’ai fait la préparation avec l’équipe professionnelle qui descendait de Ligue 1 et ce, toujours comme joueur offensif. Beaucoup de joueurs étaient partis, le staff avait changé et Safet Susic venait d’arriver avec son staff. Ils ont donc fait appel à des joueurs de la CFA et des moins de 19 ans. Après la préparation, ils ont renvoyé des joueurs dans leur catégorie pour en garder seulement quelques-uns, dont moi. Mais juste avant la rencontre, à deux jours de ce premier rendez-vous de l’année en championnat, il m’a demandé de me tenir prêt parce que j’allais jouer. Mais comme latéral ! Les deux latéraux en place étaient blessés et suspendus. J’étais à la fois super heureux mais aussi particulièrement stressé… Finalement, ça s’est super bien passé."

Après deux saisons pleines, tu prends la direction du RC Lens (2018-2019) ! Un nouveau chapitre, dans un club qui veut alors retrouver la L1 au plus vite…

"Ça aussi, ça aura été une superbe expérience. Je n’y ai joué qu’une saison mais alors j’ai l’impression d’en avoir fait dix. J’ai vraiment été bien accueilli. Il y avait aussi pas mal de nouveaux et on a pu créer des liens tous ensemble. J’ai vécu une expérience en or. Au-delà de ça, l’expérience footballistique est magique là-bas. J’avais cette impression avec le soutien permanent du public, qu’on ne pouvait jamais être fatigué sur le terrain."

L’été suivant, tu t’engages au Clermont Foot 63 avec notamment une première saison sous les ordres de Corinne Diacre, toute première femme aux commandes d'une équipe professionnelle !

"Honnêtement, ça n’a rien changé du tout. Pas du tout ! Je n’ai pas vu la moindre différence. Elle savait se faire respecter, reprendre les joueurs qui s’égaraient un peu. Pour moi, c’était comme un management masculin. Sur mes deux années là-bas, j’ai évolué un an sous ses ordres. J’ai joué, ça s’est bien passé et j’étais content. J’ai découvert aussi de supers coéquipiers avec qui je suis toujours en contact. J’avais vraiment trouvé une famille à Clermont. Je suis d’ailleurs très heureux de les voir performer parce qu’ils montrent de belles choses et le méritent."

C’est manqué sur le plan collectif mais à titre personnel, tu découvres enfin le plus haut niveau en t’engageant avec le FC Metz (2019-2020). Un rêve de gosse ?

"Bien sûr ! À partir du moment où j’ai commencé à m’installer en Ligue 2, j’ai eu d’autres ambitions. J’avais cette envie de goûter plus haut et c’était la suite logique. Je voulais atteindre ça. Ce fut possible avec le FC Metz."

La confiance accordée par Vincent Hognon est grande, avec sur cette première saison, tous les matches disputés (30/30) dans leur intégralité !

"J’étais très heureux oui, parce que je ne m’attendais pas à ça dès mes premiers pas en Ligue 1. Ce qui m’a facilité la tâche, c’est qu’il n’y avait pas de doublure à ce poste la première saison. Mes premiers mois ont été mitigés et j’avais mis du temps à m’acclimater. À certains moments, j’aurais mérité d’aller sur le banc mais je suis vite ressaisi et j’ai pu faire de très bons matches ensuite jusqu’à l’interruption avec le covid-19."

Même confiance, de la part de Frédéric Antonetti, de retour aux commandes de l’équipe (octobre 2020). Quelle était ta relation avec lui ?

"Le coach Antonetti m’a vraiment fait évoluer. J’ai senti une différence tout de suite. Il avait un projet de jeu totalement différent qui me correspondait bien. C’est une figure du club messin et honnêtement, j’avais un peu peur au début. Je ne savais pas comment je pouvais réagir s’il s’énervait contre moi par exemple. Ça peut aussi "braquer" et je n’avais jamais eu affaire à ça par le passé. Et finalement, il est très dur, très perfectionniste mais quand il est arrivé, tout le monde a haussé son niveau de jeu pour prouver. Ça a fait évoluer le club et les joueurs dans le bon sens. J’ai aussi le souvenir d’une bonne relation parce que c’est quelqu’un qui est très proche des joueurs, qui va parler en individuel. Il cherche loin pour comprendre ce qu’il ne va pas. J’aime ça et j’y accorde de l’importance."

''Co-meilleur buteur de L1 ? J’ai immortalisé cet instant !''

L’an passé, tu réalises un début de saison canon, occupant même au soir de la 1ère journée, la place de co-meilleur buteur de L1 !

"J’en ai bien rigolé et j’ai évidemment fait quelques captures d’écran parce que je savais que j’allais disparaître des tablettes assez rapidement ensuite (rires). Ça a été un super moment. Je ne pensais pas faire un tel début de championnat. Mais pareil, comme à Ajaccio plus jeune, je n’ai pas savouré parce qu’il n’y avait pas eu la victoire au bout (J1, 21-22, FC Metz – LOSC, 3-3). Qui plus est avec un retour lillois dans les derniers instants du match… Je sais apprécier mais il faut vraiment que le résultat collectif soit bon. Sinon, ça me déçoit."

Le début d’année civile 2022 est en revanche bien plus complexe, avec des pépins physiques qui vont t’éloigner des terrains pratiquement jusqu’au terme de la saison…

"J’ai déjà joué avec des blessures par le passé mais avec la récupération post-match, ça n’avait jamais atteint un point où je n’avais plus joué. Là, on revenait de vacances de Noël et on avait doublé les séances. J’ai senti une charge à l’ischio-jambier et c’était vraiment nouveau comme douleur. J’en ai fait part au staff qui m’a dit de m’arrêter. Mais trois jours après, sur une séance, j’ai ressenti cette même douleur. J’avais tellement habitué le staff médical à jouer avec des douleurs, que pour eux, ce n'était pas si grave que ça. Sauf que là, ça ne passait pas. J’ai senti sur une accélération, l’ischio-jambier tirer d’un coup. Après des examens, le verdict tombe : lésion, grade 2. Donc quinze jours, trois semaines. Au bout d’une semaine, malgré mon ressenti qui n’était pas bon, le club a voulu me faire revenir sur le terrain assez rapidement parce qu’on était mal embarqué sportivement et on me faisait confiance. Mais ce n’était pas la solution. Cette erreur s’est répétée plusieurs fois. Ma plus grosse déception, c’est que j’avais le sentiment que le staff médical ne m’a pas écouté. Je leur ai fait part de mon mal-être physique et j’ai l’impression qu’on n’en tenait pas compte. Pire même, qu’on a joué avec ma santé à un moment donné. Ça, j’ai été obligé de dire stop. Cet été, j’ai même pris la décision moi-même, de faire cinq semaines de rééducation à St-Raphaël. Je n’ai pas eu de congés alors que je venais d’avoir ma fille et que j’aurais préféré faire autre chose en famille. Quand je suis revenu pour la préparation estivale à Metz, on repartait sur des bases qui n’allaient pas. Et ce dès la première séance avec une charge trop fort. La relation s’est un peu détériorée à ce moment précis."

''Aujourd’hui, je dois tout au FC Nantes qui ne m’a pas abandonné''

On t’a vu marqué par ces soucis physiques à ton arrivée ici à Nantes, comme si tu étais impuissant face à ça…

"J’avais rejoué en Ligue 2 avec le FC Metz en début de saison mais je ne me sentais pas bien. Le club le savait mais la communication n’existait pratiquement plus entre eux et moi. Quand j’ai été amené à faire ma visite médicale à Nantes, le médecin a tout de suite relevé que quelque chose n’allait pas. C’est ce qui m’a rassuré aussi. Je me suis dit : « Tu n’es pas fou ! ». À Metz, ils avaient réussi à me faire douter. Le FC Nantes ? Je leur dois tout parce que ça faisait six, sept mois que je n’avais pas joué et le club a fait le forcing pour venir me chercher alors que j’étais blessé."

Ton arrivée justement, elle s’est réalisée tardivement mais elle a eu le mérite de se faire !

"Je voulais à tout prix venir ici. Le FC Nantes, c’est un très grand club, avec une équipe qui venait de remporter la Coupe de France et une participation à la Ligue Europa. De passer de la Ligue 2 à jouer l’Europe, c’était un rêve pour moi. Inespéré ? Bien sûr ! C’est exactement ça. Je suis allé un peu au conflit avec Metz parce qu’il fallait que je montre mon mécontentement. Je ne pouvais pas passer à côté de cette opportunité. Je suis content parce que le FC Nantes ne m’a pas laissé passer derrière et ce même après ma visite médicale. J’essaie vraiment de ne donner le meilleur de moi-même comme je l’ai toujours fait. Depuis tout jeune, je n’ai jamais triché dans les joueurs."

Après une préparation individuelle et quelques jours en commun avec le groupe à l’entraînement, tu disputes tes premières minutes sous ce maillot jaune et vert, à Nice, le 23 octobre dernier (1-1)…

"J’étais très content. S’intégrer, ce n’est pas simple lorsqu’on est blessé mais ici, tout s’est très bien passé parce que mes coéquipiers sont incroyables. C’était plus facile pour moi et ça se ressent lorsque je fais mes premiers pas à Nice. J’avais cette adrénaline, perdue depuis plusieurs mois, face à l’OGC Nice. J’étais heureux d’avoir pu jouer une mi-temps, sans le moindre pépin physique ensuite."

''Le Stade de La Beaujoire, c'est le feu !''

Depuis, tu enchaînes et reste notamment sur six titularisations de rang en championnat et une confiance grandissante !

"J’essaie toujours de me donner à fond mais forcément que sur les matches qui ont suivi (devant Clermont et Reims, J13 & J14), je n’étais pas encore prêt physiquement. Je le sentais. Je m’en voulais même parce que je montrais une image de moi qui n’était pas la bonne. Là, je suis en train de reprendre confiance, de me régaler tout simplement. Même si je sais que je peux faire beaucoup et j’ai envie de le montrer, je savoure ce qu’il se passe. Je dois tout à Nantes parce qu’ils m’ont sorti de la galère."

Tu découvres également petit à petit le Stade de La Beaujoire en tant que joueur du FC Nantes. Alors, verdict ?

"C’est le feu ! Vraiment, c’est incroyable. Surtout cette marée humaine derrière la cage, dans la tribune Loire. Ça donne envie de marquer, qui plus est devant eux. Je vais tout faire pour marquer au moins une fois face à ce kop. J’aime La Beaujoire et son architecture. C’est un stade magnifique et les supporters vont avec. Je suis content de jouer ici et de vivre de telles émotions grâce aux supporters."

Par M.G


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