Assis tranquillement à ''La Belle Équipe'', on le retrouve posé, souriant, calme comme toujours. Chidozie Awaziem a depuis longtemps tourné la page Lorient et se projette vers l'avenir. Avec beaucoup de gentillesse et de sincérité, le pilier de la défense se confie sur sa vie, le FC Nantes et le football moderne.
Raconte-nous ce match contre Lorient : on t’a vu passer par toutes les émotions.(interview réalisé avant le déplacement à Lyon)
"En première mi-temps, on ne joue pas comme on aurait aimé le faire. Après ce premier but, on a montré un tout autre visage et ça a payé.
On est des compétiteurs. On fait beaucoup de matchs nuls ; les gens pensent que ça nous plaît, mais non. Dans le vestiaire, tout le monde veut les trois points. Et c’est très frustrant de ne pas les obtenir quand tu rivalises avec l’adversaire. Tu ne dors pas de la nuit."
Sur le CSC, tu sens l’attaquant arriver dans ton dos ?
"En tant que défenseur, j’anticipe. Je regarde, j’ai un adversaire derrière moi, il est hors jeu. Mais quand Meïté centre ça va vite, je dois me jeter. Dans le doute, si l'attaquant n’est plus hors jeu, je suis mort. Mais il l'est, il doit être signalé. S’il n’est pas là , je ne plonge pas ! Pour moi, l'arbitre s'est trompé. Mais c’est comme ça. Aujourd’hui, je suis passé à autre chose."
Qu’est-ce qui t’a motivé à revenir au FC Nantes ?
"Nantes, c’est la famille. C’est le club en Europe qui m’a donné cette confiance pour montrer mes capacités. J’aime cette ville. Quand on m’a appelé pour revenir, j’ai dit oui direct."
Quelle est la différence avec ton premier passage au club ?
"La maturité. Aujourd’hui, je vois les choses différemment. J’ai beaucoup plus d’expérience que lors de mon premier passage ici."
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"Aux USA, les attaquants ont de grands espaces pour s’exprimer. C’est pour ça que Messi explose tout là -bas (rire).
En Ligue 1, c’est beaucoup plus technique, tactique".
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Quelle place penses-tu avoir aujourd’hui dans le vestiaire ?
"Je fais partie des leaders du vestiaire. Les jeunes te regardent pour apprendre. Je dois être un exemple pour eux. Je me donne à 100 %, j’encourage, je donne des conseils. Il faut les aider à grandir."
Tu formes la charnière centrale avec Tati. Quel regard portes-tu sur lui et sur sa progression ?
"Tylel est un excellent joueur, très intelligent. Il aime apprendre et il comprend vite. C’est très agréable de jouer à ses côtés. Il est jeune, gaucher, titulaire en Ligue 1. Il coche toutes les cases pour finir dans un grand club. S’il continue de garder cet état d’esprit et cette volonté de travailler, il aura un très bel avenir."
On ressent un groupe soudé : comment expliques-tu cette solidarité au quotidien ?
"On est un beau groupe. Personne ne triche à l’entraînement ; à chaque exercice tout le monde veut gagner. On rigole ensemble, on mange ensemble, on lutte ensemble, on fait tout ensemble.
Si chacun est dans son coin, ça ne peut pas marcher. Mais si on est tous unis, c’est très fort. Le résultat va forcément venir. Je suis confiant. Le travail paie."
"Au final, seuls les 6 premiers au classement sont sûrs de se maintenir."
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Selon toi, quelle est la place du FC Nantes aujourd’hui dans le football français ?
"Toutes les équipes qui viennent à la Beaujoire savent que ce n’est pas facile de gagner ici. Elles savent qu’on va tout donner, que le public est extraordinaire. Aujourd’hui, avec son palmarès et son histoire, le FC Nantes fait partie des 10 plus beaux clubs de France."
Quelles sont, selon toi, les principales différences entre la MLS et la Ligue 1 ?
"Il y a beaucoup de différences. En MLS, c’est un jeu ouvert, ça court beaucoup. Les attaquants ont des espaces pour s’exprimer. C’est pour ça que Messi explose tout là -bas (rire).
Ici, en Ligue 1, c’est plus technique, tactique, fermé et physique. C’est un vrai combat. C’est plus dur de jouer ici, car il faut être athlétiquement plus fort. Ça va plus vite et c’est plus compétitif."
Malheureusement pas de Coupe du monde, mais une CAN se profile : quels objectifs te fixes-tu ?
"Gagner la CAN. Je n’aime pas repenser à cette non-qualification pour le Mondial. Pour nous, pour le pays, pour nos proches, on doit corriger l’erreur.
Le calendrier est de plus en plus chargé et les blessures se multiplient. Comment vois-tu cette évolution en tant que joueur ?
"C’est clair : il y a trop de matchs. Moi, par exemple, je suis déjà à 40 rencontres. Ton corps a besoin de repos. Ton esprit aussi. Pour revenir plus fort et produire du beau football. Mais tu n’as plus le temps. On te rajoute des matchs, des compétitions, des rendez-vous internationaux.
Je vais bien, mais il ne faut pas s’étonner que les joueurs se blessent davantage."
Le passage du championnat à 18 clubs, qu’en penses-tu ?
"Footballistiquement, 20 équipes c’était mieux. Aujourd’hui, tu as un championnat coupé en deux : une partie qui joue l’Europe et une autre le maintien. Maintenant, c’est plus de pression. Le résultat prime sur le jeu, les matchs sont de véritables batailles. Chaque point compte. Au final, seuls les 6 premiers au classement sont sûrs de se maintenir."
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"Ils doivent savoir qu’on déteste perdre. On a tout donné. Tout donné."
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Quel rĂ´le jouent les supporters ? As-tu un message Ă leur adresser ?
"Qu’il fasse froid, qu’il pleuve, qu’il neige, ils sont toujours là . On mouille le maillot pour eux.
Ils doivent savoir qu’on déteste perdre. On a tout donné. Tout donné.
Mais il ne faut pas nous lâcher. Même quand ça va mal, il faut croire en nous. On a beaucoup de jeunes qui apprennent. Les critiques déstabilisent. Le soutien du public est très important. On aura besoin des supporters pour améliorer la situation. On est tous ensemble, et moi, j’y crois."
Un mot pour les plus jeunes qui rĂŞvent de devenir footballeurs ?
"Il faut penser comme un footballeur, sur le terrain et en dehors. S’intéresser aux détails. Et ne pas avoir peur. Mais attention : il ne faut surtout pas perdre la notion de plaisir. Le football est un jeu, on joue avec le cœur avant tout. Les enfants qui s’entraînent le dimanche sans sourire, c’est impossible. Être footballeur pro, ce n’est pas qu’une succession d’entraînements : c’est tout un équilibre. Le football, c’est de l’émotion. Sans émotion, pas de football."
Par J.D














