21 janvier 2026

Coquelin : ''Je ne suis pas venu à Nantes en pré-retraite''

Groupe Pro

De retour après une longue blessure, Francis Coquelin sait qu’il est attendu. Frustré par une première partie de saison loin de ses ambitions, le milieu nantais se livre sans filtre : sa convalescence, son rôle auprès des jeunes, son envie de marquer le club et d’aborder la deuxième partie de saison avec un état d’esprit résolument positif.

 (Interview réalisée le 15 janvier)

On parle de recrue d’expérience au FC Nantes pour épauler les jeunes, et tu reviens sur les terrains en même temps. Ça tombe plutôt bien. Comment te sens-tu aujourd’hui ?
Je me sens bien. Ça fait maintenant un mois que j’ai repris les entraînements collectifs. Le coach m’avait redonné des minutes face à Concarneau. Je recommence la nouvelle année en jouant contre Marseille… Donc, petit à petit, je reviens avec de bonnes sensations.

Comment as-tu vécu cette période loin des terrains ?
C’est vrai que c’était une période compliquée, surtout avec un enchaînement de blessures. Lorsque tu t’investis autant pour revenir, que tu crois être guéri, et que tu te refais mal… c’est vraiment dur, il faut être fort dans la tête. 
J’avais cette volonté d’aider le club mais je ne suis pas encore au niveau de mes attentes. Donc avoir cette ambition à l’esprit m’a permis de rester fort et de travailler.

Est-ce que cette période t’a obligé à changer ton quotidien, ta façon de t’entraîner, de jouer?
Mon approche des entraînements est plus différente qu’avant, c’est vrai. J'avais tendance à trop me donner sur chaque ballon, trop d'intensité au point de jouer à chaque fois avec mes limites physiques. Je suis très compétiteur, j’aime gagner, peu importe le jeu. Maintenant, je suis plus dans l’optique d’être dans la gestion et l'écoute de mon corps pour être prêt le week-end. C’est le plus important au final, même si ça doit passer par des défaites au tennis-ballon ! (rire)

Le groupe est jeune et ton expérience est importante. Comment tu aides la jeunesse à grandir, sur et en dehors du terrain ?
Je pense qu’on a un bon groupe, avec de très bons jeunes. C’est plus évident maintenant de les accompagner, étant sur le terrain. Pendant ma convalescence, j'ai eu un rôle de grand frère. Je redonnais confiance aux troupes par ma bonne humeur, des mots et des petits actes. Maintenant le fait d'être présent aux matchs, je peux conseiller les jeunes sur leur positionnement, et leur intensité.
Mes paroles sont aujourd’hui différentes. Même pour eux : quand on a un joueur qui participe aux entraînements, qui est là dans les matchs, on a tendance à plus l’écouter. Quand tu te donnes, c’est plus facile pour transmettre les messages.

Selon toi, qu’est-ce que les jeunes doivent apporter à un groupe pro ?
Ils doivent apporter leur insouciance, on en a besoin dans un groupe. Mais le jeune a aussi besoin de cadre. À lui de se le mettre, mais à nous, les plus anciens, de l’aider. La Ligue 1 reste un championnat très difficile, ils engrangent de l’expérience et un apprentissage rapide du haut niveau. Il y a eu, malgré les difficultés, de belles performances de leur part.
Le coach a dit une phrase intéressante : « Le jeune, il faut le faire jouer dans les bonnes conditions ». Aujourd’hui, le fait que ces jeunes aient plus d'expérience autour d'eux, et bien on le voit sur les dernières performances : ils retrouvent des couleurs. Et je pense que c’est de bon augure pour cette deuxième partie de saison.

"Si Olivier Giroud a eu cette si belle carrière, c’est forcément grâce à moi !"

Quel est le conseil que tu aurais aimé recevoir à 18 ans ?
D’être professionnel, exemplaire, sérieux. Je pense qu'aujourd'hui c’est une chance pour les jeunes d’être au cœur du projet. Des joueurs d’expérience arrivent certes, mais c’est vrai que moi, à mon époque, c’était différent. Il y avait beaucoup plus d’anciens dans les clubs parmi lesquels je suis passé.
J’aurais donc envie de leur dire de bosser, et encore bosser parce qu'il n'y a que comme ça que l'on peut espérer de bons résultats.

Tu arrives très jeune à Arsenal. Comment toi, tu as vécu cette intégration dans le très haut niveau ?
Quand j’arrive à Arsenal depuis Laval, c’était un autre monde. Avant chaque entraînement, on faisait un taureau, j’étais toujours au milieu. Ça allait trop vite ! La séance n’avait pas commencé que j’étais déjà cuit ! (rire). Mais bon, par le travail, petit à petit, j’ai gagné ma place.

Est-ce qu’il y avait des coéquipiers qui t’impressionnaient ?
Franchement ? Santi Cazorla. Être aligné au milieu de terrain avec lui et Özil… c’était quelque chose. Moi, je grattais les ballons, je leur donnais et je laissais la magie opérer (rire). Et puis il y a eu Van Persie aussi, et Olive (Giroud)… J’étais juste à côté de lui lors de son but Puskás, c’était incroyable (victoire 2-0 contre Crystal Palace le 1er janvier 2017). D’ailleurs ! Sur son premier but chez les Gunners, c’est moi qui lui fais la passe décisive. S’il a eu cette si belle carrière, c’est forcément grâce à moi ! (rire)


Quels sont les ingrédients à mettre dans cette deuxième partie de saison ?
Je pense que le coach a accentué les valeurs d’intensité et d’agressivité. Pour exister dans ce championnat, il faut être dans le duel. Une fois que tu poses cette base-là, c’est plus facile d’exprimer ton football. Sur les dernières performances par exemple, même à 11 contre 11 à Marseille, on a une équipe qui montre un beau visage, que ce soit dans l’intensité ou la structure. Contre Nice aussi, en Coupe de France, on réalise une belle performance, malgré l’élimination.

"On perd du soleil comparé à mes années en Espagne, mais on se console, avec la chaleur humaine !"

En dehors du foot, comment tu occupes ton temps libre ? Toi qui es assez discret, qui est vraiment Francis Coquelin ?
Francis Coquelin ? Je pense déjà qu’il aime beaucoup rire au quotidien. Je suis très famille. J’ai ma femme, mes trois enfants, j’aime passer du temps avec eux.
Aujourd’hui, je me suis rapproché de mes proches. J’apprécie la vie à Nantes, on est proche de tout. Bon, il y a les bouchons, et on perd un peu de soleil comparé à mes huit années passées en Espagne, mais on se console, entre guillemets, avec la chaleur humaine ! (rire)

Tu cultives ce rire ?
Je suis quelqu’un de très chambreur. J’ai deux petits gars, je pense qu’ils ont grandi avec la taquinerie. Donc… au quotidien, ça bouge pas mal à la maison ! (rire)

Si tu devais résumer ton retour en un seul mot ?
Réfléchissons... Il faut rester positif parce que pour l’instant, le retour est frustrant pour moi. Je n’ai pas eu la continuité que j’aurais aimé avoir. Donc sur les six mois qui arrivent, j’ai envie de dire : ambitieux.

"Jamais je ne suis venu ici pour l’argent"

Qu’as-tu envie que les supporters nantais retiennent de Francis Coquelin ?
Peu importe la carrière que j’ai eue, pour moi, Nantes est une institution et je veux laisser une belle image. J’ai envie qu’ils voient quelqu’un qui se donne à 100 % avec un état d’esprit irréprochable. Sur le peu de matchs que j’ai joués, j’espère qu’ils l’ont vu.
Je ne suis pas venu ici en pré-retraite, mais avec beaucoup d’ambition. Des fois, j’entends des trucs sur mon arrivée… (il lève les yeux au ciel). Jamais je ne suis venu ici pour l’argent. Je suis vraiment là parce qu’il y a un projet auquel je voulais participer. Avec des jeunes. C’est ce qui m’anime aujourd’hui : la transmission et rester performant.

Tu as 34 ans, bientôt 35, une super carrière derrière toi. Est-ce qu’on réfléchit à l’après ?
J’avais déjà réfléchi à ça après ma rupture des ligaments croisés à Villarreal. J’avais commencé une licence avec l’UEFA en management. Je voulais comprendre les rouages d’un club, son fonctionnement. Oui, bien sûr qu’on y pense.
Là encore, avec cette première partie de saison tronquée par les blessures, à un moment donné, on se dit que ça risque de s’arrêter dans pas longtemps.
Mais aujourd’hui, j’ai vraiment envie de me concentrer sur le présent. Je ne veux pas me disperser mais profiter de ce qui se passe à chaque instant. Pouvoir m’entraîner et rejouer, pour moi, c’est tout ce qui compte. Aider le club à sortir de cette première partie de saison compliquée.

On te sent attaché à la transmission, le fait d’aider les autres. Est-ce qu’on peut imaginer un jour, un Francis Coquelin donner des ordres depuis un banc ?
Sur le banc, je ne sais pas, mais dans le foot et la transmission, ça c’est certain. Après, de quelle manière transmettre ? Faire un lien entre la formation et le groupe pro, c’est plus dans un rôle comme ça où je me vois. J’aime le jeune joueur, et l’accompagner. Dans tous les clubs où j’ai été, j’ai toujours eu une bonne relation avec les jeunes. Mais j’ai besoin du haut niveau. J’ai été confronté à ça toute ma carrière, c’est mon univers.

Par J.D


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