Betsy Guilbaud, ambassadrice du football paralysie cérébrale en France, s’est déplacée à la Jonelière dans le but de sensibiliser les jeunes à son mode de vie, à sa discipline et aux problèmes auxquels se heurte l’inclusion aujourd’hui.
Sensibiliser aujourd’hui pour plus de cohésion et d’inclusion demain. Tel est le cheval de bataille de Betsy Guilbaud, ambassadrice de l’Équipe de France de football paralysie cérébrale.
En visite à la Jonelière, la jeune femme de 33 ans est venue rencontrer nos jeunes U14 au début du mois. Lors d’un échange bienveillant, les adolescents ont découvert, à travers de nombreuses questions et sans tabou, la paralysie cérébrale et le quotidien de Betsy.
"Je n’ai jamais vu un groupe de cet âge aussi dynamique que celui-là . Ça a été un match de tennis entre eux et moi. À partir du moment où ils essaient de comprendre ce que je vis, je sais que ça va bien se passer. Si je viens parler à des enfants, c’est pour être authentique. Pas pour vendre des rêves ou essayer de faire passer un message politique."
"Notre objectif est de créer quatre clubs pour officialiser le football paralysie cérébrale"
Mais des messages, il y en a quand même eu. Pour cette passionnée de sport, l’effort physique et le lien social sont primordiaux dans le quotidien d’une personne atteinte de paralysie cérébrale. Amoureuse du ballon rond, après avoir porté des projets autour de la natation, celle qui était coach de football à 20 ans défend aujourd’hui un nouveau défi : celui de faire du football paralysie cérébrale une discipline officielle en France. Reconnu dans de nombreuses nations, ce football peine à exister dans l’Hexagone, faute de clubs.
"Ce sport a des chances d’intĂ©grer les Jeux paralympiques de 2032 Ă Brisbane. Si on veut y participer, il faut une Ă©quipe masculine et une Ă©quipe fĂ©minine. Nous sommes actuellement reconnus comme une discipline en dĂ©veloppement par la FĂ©dĂ©ration Française Handisport. Mais aujourd’hui, il nous faut davantage de budget.Â
En ce moment, par exemple, se déroule la Coupe du monde aux États-Unis. Nous n’y sommes pas, car nous n’avons pas les moyens d’y aller.
Aujourd’hui, nous mélangeons plusieurs formes de parafootball pour régulariser les entraînements et ouvrir nos portes aux personnes motivées. Cela donne plus de visibilité, nous gagnons en compétences et il nous est plus facile d’être intégrés par d’autres structures du football.
Notre objectif est de créer au moins quatre clubs pour officialiser le football paralysie cérébrale, débloquer des subventions auprès de la Fédération et être potentiellement présents aux Jeux paralympiques."

"Un enfant atteint de paralysie cérébrale ne devrait pas avoir à chercher un club de football"
Enfin, Betsy revient sur son intervention du jour auprès de la jeunesse nantaise. "J’aime sensibiliser les athlètes, parce que les personnes comme moi mènent quotidiennement une vie de sportif de haut niveau."
Au-delà de la pratique sportive, cette rencontre a aussi été l’occasion d’aborder la question de l’inclusion, un enjeu auquel le FC Nantes est particulièrement sensible.
"Aujourd’hui, on a des joueurs de foot avec une légère paralysie cérébrale qui pourraient jouer en inclusion dans une équipe de football classique. Ce serait difficile de participer aux matchs, mais ils pourraient s’entraîner avec les autres.
Je pars du principe que, chez les 6-7 ans, un enfant atteint de paralysie cérébrale ne devrait même pas avoir à chercher un club. Si l’entraîneur s’adapte, il pourrait jouer avec les autres car, sur le plan moteur, il n’est pas si différent du reste de l’équipe. C’est ce qui se passe actuellement à Toulouse pour un jeune de 7 ans. C’est génial, car cela permet de sensibiliser tout le monde à notre discipline. Mais aujourd’hui, beaucoup n’ont même pas la chance d’être sur la touche.
On aura tout gagné le jour où il n’y aura plus cette scission entre les fédérations et le handisport. C’est pour cela que j’aime semer une graine chez les jeunes concernant l’inclusion, car on le sait tous : les enfants sont le monde de demain."
Le FC Nantes, actuellement engagé dans le cecifoot via son Fond de dotation, souhaite le meilleur à Betsy Guilbaud et suivra de près l’évolution de cette discipline passionnante au sein de l’Hexagone.

Par J.D












